L'humidification des bâtiments est une démarche essentielle pour garantir le bien-être des occupants et la préservation des équipements ou des produits sensibles à l'air sec. Au-delà de ces considérations fondamentales, l'évolution des technologies offre des solutions de plus en plus performantes et économiquement avantageuses. Parmi celles-ci, l'humidification et le refroidissement par évaporation se distinguent par leur potentiel à optimiser le confort, la santé et les coûts opérationnels, indépendamment des conditions climatiques. Cette approche, fondée sur un principe naturel, présente une alternative pertinente aux méthodes traditionnelles, notamment l'humidification par vapeur.
L'humidification, dans son essence, consiste à introduire de l'eau dans l'air d'un bâtiment. Ce processus peut viser plusieurs objectifs : améliorer la santé et le confort des personnes, assurer la conservation de biens, ou encore optimiser des processus industriels spécifiques. L'humidification par vapeur, par exemple, implique de faire bouillir de l'eau pour générer de la vapeur, qui est ensuite diffusée dans l'air.
À l'opposé, l'humidification par évaporation exploite le phénomène naturel de l'évaporation pour transférer l'eau à l'air. Ce processus est comparable à l'étendage du linge à sécher ou à l'air frais ressenti près d'un lac ou d'une cascade, où l'évaporation de l'eau entraîne un refroidissement de l'air environnant. Les technologies clés de l'humidification et du refroidissement par évaporation incluent les systèmes à buses haute pression et les systèmes à média humide. Les premiers utilisent une pompe pour pulvériser de l'eau sous pression à travers de petites buses, créant ainsi un fin brouillard dans le flux d'air. Les seconds, quant à eux, font circuler l'eau sur un média poreux (un tampon) intégré dans l'unité de traitement d'air. Le passage de l'air à travers ce média humide provoque l'évaporation de l'eau.

L'humidification par vapeur, bien qu'efficace, a un coût de fonctionnement directement lié à l'énergie consommée pour produire la vapeur. En revanche, l'humidification et le refroidissement par évaporation tirent parti de l'énergie présente dans l'air pour réaliser l'évaporation de l'eau. Ce processus, en retirant de la chaleur à l'air, peut se traduire par une réduction significative des coûts de refroidissement.
L'adoption de ces technologies peut donc engendrer des économies substantielles sur les factures d'électricité. De plus, de nombreux fournisseurs d'énergie et organismes gouvernementaux proposent des incitations financières, telles que des remises, pour encourager la transition vers des systèmes d'humidification et de refroidissement par évaporation. Dans un contexte où les réglementations énergétiques se renforcent, la gestion optimisée de la consommation d'énergie par mètre carré devient un avantage opérationnel quotidien. Le "refroidissement gratuit" et la faible consommation énergétique associés à ces systèmes représentent une solution gagnante pour améliorer la qualité de l'air intérieur, le confort des occupants et réduire les coûts d'exploitation.
Pour illustrer concrètement les avantages économiques, considérons un exemple basé sur les coûts moyens des services publics aux États-Unis pour une usine de fabrication générale située à Minneapolis. Ce bâtiment maintient des points de consigne raisonnables et optimise sa consommation d'énergie pendant les périodes nocturnes. Il intègre également un économiseur d'air et minimise l'apport d'air extérieur lorsque celui-ci n'est pas bénéfique.
Le coût annuel total estimé de l'humidification pour un tel bâtiment peut varier considérablement en fonction de la technologie employée. L'humidification par vapeur, utilisant l'électricité ou le gaz, présente un coût direct lié à la quantité d'eau évaporée. En revanche, le refroidissement par évaporation, en générant une économie d'énergie, peut être considéré comme un "coût négatif". L'analyse détaillée de ces coûts révèle que le refroidissement par évaporation est la seule méthode qui génère une économie nette sur le cycle annuel.

Une idée reçue courante est que les économies d'énergie liées au refroidissement par évaporation ne sont réalisables que dans les climats chauds et arides. Pourtant, cette technologie peut être appliquée dans tous les climats, à condition d'identifier les applications appropriées.
Les centres de données constituent une application évidente, car ils génèrent une charge de refroidissement constante tout au long de l'année et nécessitent un niveau d'humidité relative stable. Ces installations peuvent se trouver dans des régions aussi diverses que Phoenix, Edmonton, New York ou le Minnesota.
Au-delà des applications très spécialisées, les grands immeubles de bureaux et les centres commerciaux présentent également des opportunités. Ces bâtiments peuvent connaître des charges de refroidissement internes importantes, même en plein hiver, en raison de la chaleur dégagée par l'éclairage, les équipements électroniques et la présence humaine. À titre d'exemple, le Mall of America à Bloomington, dans le Minnesota, fonctionne sans système de chauffage central, mettant en évidence la capacité des systèmes de refroidissement par évaporation à gérer les besoins thermiques dans des environnements variés.
Les systèmes de refroidissement par évaporation s'intègrent harmonieusement aux systèmes mécaniques existants, permettant de réduire simultanément les coûts de refroidissement et d'humidification. L'installation d'un tel système ne requiert généralement pas de compliquer les commandes existantes ni de modifier substantiellement les systèmes mécaniques en place.
Bien que tous les bâtiments puissent bénéficier de l'évaporation, ceux qui ont une demande de refroidissement élevée sont les plus faciles à rentabiliser. Si le système de refroidissement d'un bâtiment fonctionne tard en automne et tôt au printemps, l'ajout d'un système d'évaporation peut représenter l'investissement le plus rentable. Cela est vrai que le bâtiment utilise un refroidissement mécanique, un économiseur d'air ou un système de refroidissement par eau.
Le refroidissement par évaporation réduit la facture de refroidissement en diminuant la charge sur les équipements de refroidissement mécanique et peut même éliminer la nécessité d'une humidification séparée. L'utilisation d'un économiseur d'air, bien qu'efficace pour réduire les coûts de refroidissement, a pour effet de dessécher l'air intérieur. Les périodes les plus sèches dans les bâtiments équipés d'économiseurs d'air surviennent souvent en automne et au printemps. Un air intérieur sec augmente le risque de maladies, exacerbe les allergies, dégrade la qualité de nombreux matériaux et peut perturber les processus de fabrication.
L'implémentation d'un système d'humidification et de refroidissement par évaporation permet d'étendre la saison d'utilisation des économiseurs d'air jusqu'en été, d'éliminer les coûts d'humidification, de réduire les coûts de refroidissement mécanique et peut même diminuer l'utilisation des serpentins antigel en hiver en réduisant la quantité d'air extérieur nécessaire au refroidissement. L'humidification et le refroidissement par évaporation représentent ainsi des solutions gagnantes pour les bâtiments dont la saison de refroidissement est prolongée, quel que soit le climat.
Le principe commun à tous les systèmes à pulvérisation est la création d'un fin brouillard de micro-gouttelettes d'eau froide en suspension dans l'air. Dans certains systèmes, l'objectif est d'approcher la saturation de l'air. Durant le processus d'évaporation, les micro-gouttelettes passent de l'état liquide à l'état gazeux. Le bilan énergétique global est neutre : la chaleur nécessaire à la vaporisation est puisée dans l'air ambiant. On parle d'un bilan enthalpique neutre, ou d'un humidificateur isenthalpique ou adiabatique. Par exemple, de l'air à 20°C et 30% d'humidité relative (HR) peut sortir de l'humidificateur à 12°C et 85% HR.
Ces systèmes utilisent des disques tournant à très haute vitesse. Par la force centrifuge, ils pulvérisent des aérosols aqueux dont le diamètre varie de 5 à 30 microns (µm). Dans ces systèmes, les micro-gouttelettes sont entièrement évaporées dans l'air pulsé. Un inconvénient potentiel réside dans le fait que les sels dissous dans l'eau peuvent être véhiculés vers les locaux traités. La décision d'utiliser de l'eau déminéralisée dépend des exigences hygiéniques et de la sensibilité des équipements présents (matériel informatique, par exemple). Si un appareil à centrifugation remplace un laveur d'air dans une unité de traitement, le dimensionnement devient critique, car la longueur minimale de vaporisation est fonction de nombreux paramètres : température de l'air, débits d'eau et d'air, humidité absolue recherchée, section de l'unité, vitesse de l'air. Le risque de dispersion de fines particules est amplifié par l'efficacité limitée du séparateur de gouttelettes. L'ajout d'un filtre à poche en aval de l'humidificateur peut retenir une partie des minéraux et des gouttelettes restantes.
Dans ces systèmes, l'eau est pulvérisée sous une pression élevée (par exemple, 70 bars) sur une aiguille qui brise le jet en fines gouttelettes. Ils sont souvent employés pour l'humidification directe de grands espaces (débits supérieurs à 250 kg/h) ou pour l'humidification d'unités de traitement d'air de très grande taille.
Le principe de fonctionnement repose sur la mise en vibration d'une lame métallique (convertisseur piézo-électrique) à haute fréquence (1,65 MHz). Cette lame, située sous une fine couche d'eau, crée des micro-bulles par des cycles de dépression et de surpression. Ces bulles remontent à la surface et, en éclatant, génèrent des micro-gouttelettes d'une taille de 7 à 10 microns. La consommation électrique est faible, car l'énergie nécessaire à la vaporisation n'est pas fournie par l'appareil ; il assure seulement le fractionnement mécanique en gouttelettes. Si l'humidificateur est placé dans une gaine, une vitesse d'air de 1,5 à 3 m/s est nécessaire pour un balayage efficace de la surface de l'eau. Les humidificateurs à ultrasons peuvent également être installés directement dans l'ambiance à traiter.
Ces systèmes fonctionnent comme un "laveur d'air" où un brouillard est créé par pulvérisation d'eau. L'air pulsé à travers ce brouillard ressort humide, avec un degré hygrométrique proche de 95%. L'eau évaporée ne contient pas de sels ; ceux-ci retombent avec l'eau excédentaire dans le bac de ruissellement. La concentration en sel dans l'eau du bac augmente avec le temps, nécessitant un renouvellement périodique pour éviter l'accumulation. Un robinet à flotteur assure l'alimentation automatique en eau d'appoint pour compenser les pertes par évaporation et le débit de déconcentration.
L'utilisation de pompes à débit variable (contrôlées par convertisseur de fréquence) permet d'adapter finement le débit d'eau aux besoins. Si deux rampes de pulvérisation sont prévues, l'une peut être fixe et l'autre variable pour une régulation optimale.
Le châssis de ces appareils est soumis à une agression par le mélange eau-air. Il est donc recommandé d'utiliser des matériaux synthétiques, renforcés de fibres de verre, qui offrent une meilleure isolation thermique et une résistance accrue aux produits d'entretien et désinfectants. L'utilisation d'eau déminéralisée rend le châssis synthétique encore plus indispensable. L'efficacité d'un laveur d'air, définie comme le pourcentage d'humidification effectif par rapport au pourcentage d'humidification maximal théorique (atteignant la saturation), se situe généralement entre 85% et 95%. Il est crucial de ne pas confondre un rendement d'humidificateur de 85% avec un humidificateur qui porte l'air à 85% HR.
L'humidification par pulvérisation avec eau recyclée présente des risques hygiéniques liés à la stagnation de l'eau dans le bac de ruissellement. Les systèmes par buse nécessitent une maintenance plus complexe en raison de la présence de compresseurs, de conduites d'eau ou d'air comprimé, et surtout de l'encrassement des buses.
Un risque fréquemment évoqué est celui de la légionellose. Il est important de noter que les légionelles se multiplient à partir de 20°C, avec une croissance maximale jusqu'à environ 45°C. La température de l'eau de ville étant plus élevée en été qu'en hiver, un bac d'eau stagnante peut devenir un milieu de culture idéal.
Pour prévenir la prolifération de germes, il est conseillé d'éviter les tuyauteries plastiques transparentes et d'installer des appareils équipés de rayons ultraviolets, qui ont une action bactéricide. Cependant, la durée de vie des lampes UV est limitée. Il est impératif de vidanger et de nettoyer les systèmes au moins deux fois par an, et idéalement une fois par mois, surtout lors des périodes d'arrêt de l'installation. Le contrôle de l'humidité dans la gaine à la sortie de l'unité de traitement d'air est également utile pour prévenir la formation de foyers de développement de germes.
Le constructeur spécifie le pourcentage de déconcentration d'eau à adopter en fonction de la qualité de l'eau initiale. Pour les humidificateurs à pulvérisation sans recyclage, la déminéralisation de l'eau pulvérisée est recommandée pour éviter la dispersion de sels dans l'air ambiant. Il est important de distinguer la "déminéralisation" (élimination des sels par carbonation ou osmose inverse) de l'"adoucissement" de l'eau (échange des ions calcium et magnésium par des ions sodium).
La régulation des humidificateurs est généralement assurée par un hygrostat, qui enclenche l'appareil lorsque l'humidité dépasse un seuil réglable. Pour les humidificateurs à ultrasons et les systèmes à pulvérisation, une régulation à action progressive est préférable pour un contrôle plus fin.
La régulation des laveurs d'air est traditionnellement basée sur le point de rosée à la sortie de l'unité de traitement d'air. Cela signifie que l'humidificateur fonctionne en continu, portant l'air à un niveau d'humidité élevé (environ 85% en pratique). Cette méthode est efficace en hiver, mais peut poser des problèmes en mi-saison et en été, lorsque les besoins en humidification sont moins importants ou que la température de l'air extérieur est déjà élevée. Une régulation plus sophistiquée, prenant en compte la température ambiante et le point de consigne d'humidité, permettrait d'optimiser davantage la consommation d'eau et d'énergie.
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