Une terrasse en bois est un ajout élégant à toute maison, apportant chaleur et esthétique à l'espace extérieur. Cependant, la question de sa résistance aux intempéries, et plus particulièrement à l'humidité, se pose fréquemment. La pluie, la neige, le vent et le soleil sont autant d'éléments qui peuvent affecter le bois différemment. Heureusement, avec un choix judicieux des matériaux et un entretien régulier, une terrasse en bois peut non seulement être belle, mais aussi remarquablement résistante et durable.
Le type de bois sélectionné joue un rôle primordial dans la capacité d'une terrasse à résister aux agressions extérieures, et notamment à l'humidité. Pour bien comprendre cette résistance, il est essentiel de se familiariser avec les "classes d'emploi" du bois, qui classifient les essences selon leur aptitude à supporter différents environnements.
Les bois de classe 1 et 2 sont exclusivement destinés à un usage intérieur, leur faible résistance à l'humidité les rendant inadaptés aux extérieurs. Il faut donc les éviter pour une terrasse.
Les bois de classe 3, tels que le mélèze ou le douglas, conviennent parfaitement aux installations surélevées et bien ventilées. Ils offrent une bonne résistance lorsqu'ils sont exposés temporairement à l'humidité, les rendant particulièrement adaptés aux terrasses surélevées. Pour le douglas et le mélèze, une règle fondamentale doit être respectée : utiliser uniquement du bois scié à 90% hors aubier, car la classe d'emploi 3 ne concerne que la partie hors aubier. Ces bois ne peuvent pas être traités en classe 4.

Lorsque votre terrasse en bois est en contact direct avec le sol ou exposée à une humidité fréquente, la classe 4 est fortement recommandée. Le bois de terrasse classe 4 convient particulièrement pour les lames posées sur des lambourdes au sol ou dans les régions à forte pluviométrie. Cette classe inclut des essences comme le robinier (également appelé "faux acacia"), certains bois exotiques comme le cumaru, et le pin traité autoclave. Le pin autoclave, bien que naturellement tendre (classe 1 ou 2), devient très résistant grâce à un traitement spécifique.
Dans les environnements où l'eau est présente en permanence, comme les constructions en bord de mer ou les structures partiellement immergées, les bois de classe d'emploi 5 sont nécessaires. Ces essences, comme l'Ipé ou le Robinier, démontrent une résistance exceptionnelle à l'immersion dans l'eau salée.
Certaines essences de bois possèdent une durabilité naturelle remarquable, les rendant imputrescibles, c'est-à-dire résistantes à l'eau, aux champignons et aux insectes. Ces bois sont très prisés pour les projets extérieurs.
Les bois exotiques, tels que l'Ipé et le Teck, sont particulièrement réputés pour leur résistance exceptionnelle. L'Ipé est dense et dur, ce qui le rend pratiquement imperméable à l'eau. Le Teck, quant à lui, contient des huiles naturelles qui le protègent de l'humidité et des attaques d'insectes. Le Cumaru, originaire d'Amérique latine, est une autre essence exotique imputrescible qui atteint naturellement la classe d'emploi 4 et peut être utilisé en contact avec le sol ou l'eau douce. Il est inscrit à la convention CITES depuis 2023, soulignant une démarche de gestion durable. L'Ipé, également inscrit à la convention de Washington CITES, atteint naturellement la classe d'emploi 5.
Le Cèdre rouge de l'Ouest est un autre bois extérieur résistant à l'eau, offrant un fort pouvoir isolant et une excellente durabilité. Cependant, il est important de noter que l'importation de bois exotiques peut avoir un impact environnemental significatif.
Parmi les bois européens, le Robinier, ou "faux acacia", est l'un des plus résistants à la pourriture. Le chêne et le châtaignier, bien que moins durables que certains bois exotiques, possèdent également une bonne résistance naturelle à l'eau.
Pour les bois qui ne sont pas naturellement imputrescibles, des traitements spécifiques peuvent leur conférer une résistance accrue. Le traitement par autoclave est un procédé chimique où un produit de préservation est injecté dans le bois sous pression. Ce traitement assure une pénétration profonde du produit, rendant le bois imputrescible jusqu'au cœur, à l'image d'une éponge gorgée d'eau. Les pins traités autoclave entrent ainsi dans la classe 4.
L'innovation technologique offre également des alternatives écologiques et performantes. La technologie brevetée CeramiX, fabriquée à partir de bambou renouvelable, atteint la classe d'emploi 4 tout en offrant une excellente stabilité dimensionnelle et une résistance au feu remarquable. Le bambou MOSO X-treme, fruit d'un procédé alliant traitement thermique et compression des fibres, est également une alternative écologique en classe d'emploi 4. Le traitement thermique, appliqué à certains bois européens, les transforme en matériaux de classe 4, offrant une alternative locale aux bois exotiques.

Le choix du bois pour la structure porteuse de la terrasse est aussi essentiel que celui des lames visibles. Si l'environnement est humide ou exposé aux intempéries, un bois de classe 4 est indispensable pour assurer la durabilité du support. Par exemple, une terrasse sur plots ou près d'une piscine bénéficiera de la résistance accrue d'un bois en classe 4 agréé CTBB+. Le label CTBB+, géré par la FCBA, est un gage de durabilité et de qualité, attestant que le bois a été soumis à un traitement complet le protégeant contre les insectes à larves xylophages, les champignons lignivores et les termites.
L'utilisation de pieds de poteaux est indispensable pour éviter le contact direct du bois avec le sol humide, prévenant ainsi la pourriture. Le douglas hors aubier peut être envisagé pour la structure, mais il nécessite un traitement spécifique pour garantir sa durabilité.
La qualité des accessoires et de la quincaillerie est également primordiale. L'acier inoxydable est un "must" pour les terrasses en bois, sa résistance à la corrosion étant essentielle. Le type d'acier inoxydable le plus approprié dépend de l'essence de bois utilisée. Les vis doivent être choisies avec soin, en tenant compte de leur diamètre, de leur profondeur de vissage et de la nécessité d'un pré-perçage, surtout pour les bois durs. Les profondeurs vissées doivent être d'au moins 6 fois le diamètre de la vis sur le côté de la sous-structure. Un pré-perçage est également recommandé pour la sous-structure.
La bande de protection pour lambourdes, souvent une bande bitumineuse, garantit une étanchéité efficace entre les lambourdes et les lames de terrasse, empêchant l'humidité de stagner. L'insertion d'entretoises, comme le SPAX Air, est également recommandée pour améliorer la circulation de l'air entre le platelage et la sous-structure, réduisant ainsi l'engorgement.
Plusieurs facteurs naturels peuvent affecter la longévité et l'apparence de votre terrasse en bois.
La pluie est l'un des principaux coupables. L'eau peut s'infiltrer dans le bois, causant des gonflements, des fissures et favorisant le développement de moisissures. Pour minimiser cet impact, il est crucial que votre terrasse soit correctement inclinée, avec une pente de 1 à 2% pour permettre un bon drainage. L'espacement adéquat entre les lames contribue également à cet écoulement.
Le soleil, et plus précisément ses rayons UV, peut décolorer le bois et affaiblir sa structure avec le temps. L'application de produits avec protection UV, tels que les saturateurs ou les huiles pour bois, peut aider à maintenir la couleur et la solidité du bois, tout en le nourrissant et en prévenant les fissures et les éclats.
Dans les régions froides, la neige et le gel peuvent endommager une terrasse en bois. Il est crucial de retirer la neige accumulée pour éviter que l'eau ne s'infiltre lors de la fonte. L'utilisation d'une pelle en plastique est recommandée pour éviter de rayer le bois.
Le vent, surtout lorsqu'il est fort, peut soulever et déplacer les planches mal fixées. L'utilisation de fixations de haute qualité est donc essentielle pour assurer que toutes les planches sont solidement attachées.
L'humidité du sol est également une préoccupation majeure. Si de l'herbe pousse sous la terrasse, le bois subira une humidité excessive. Il est impératif d'empêcher la croissance de la végétation sous la structure. Pour s'assurer que la sous-structure n'entre pas en contact direct avec le sol humide, elle est idéalement placée sur des dalles de béton. Entre la sous-structure en bois et la dalle de béton, une base appropriée en matériau non absorbant, comme des tampons en caoutchouc recyclé, peut protéger le bois de l'humidité pénétrante et aider à compenser les irrégularités du sol, tout en permettant un écoulement optimal de l'eau.
De plus, il est important d'éviter l'accumulation de feuilles mouillées, de terre et de saleté sur la terrasse, ainsi que de laisser des pots de fleurs ou des bacs à fleurs humides en permanence, car ces éléments créent des zones d'engorgement propices à la pourriture. Des supports adéquats pour les pots de fleurs doivent être utilisés pour assurer une bonne ventilation.
Un entretien régulier est la pierre angulaire de la longévité de votre terrasse en bois. L'application d'une couche de scellant ou d'huile pour bois, comme l'huile de teck, aide à protéger le bois contre l'humidité, les rayons UV, et maintient son éclat naturel. Ces produits nourrissent le bois, préviennent les fissures et les éclats, et améliorent sa résistance à l'eau.
Il est également recommandé de vérifier la teneur en humidité du bois avant l'installation des lames. Une humidité moyenne d'environ 16% à 18% est idéale. Si le bois est plus sec, une plus grande largeur de joint devra être choisie pour tenir compte de son expansion future. Le bois est un matériau hygroscopique, c'est-à-dire qu'il absorbe et libère l'humidité de son environnement, ce qui entraîne des variations de volume. Ignorer ces variations peut entraîner une terrasse déformée.
Le joint de paraffine, parfois appliqué aux extrémités des planches par les fabricants, doit être retiré avant l'installation, car il peut se liquéfier sous l'effet du soleil et causer une décoloration indésirable. Les extrémités de tête peuvent être traitées avec un joint de bois à grain final approprié ou une cire spéciale.
Enfin, une conception intelligente et tournée vers l'avenir est le programme anti-âge le plus réussi pour les terrasses en bois. Une légère inclinaison pour le drainage, une ondulation des planches dans le sens de l'écoulement de l'eau, et le respect des distances minimales entre les éléments de la sous-structure contribuent grandement à la résilience et à la durabilité de votre terrasse. Le respect des distances par rapport aux murs de la maison (au moins 10 mm, idéalement 15 ou 20 mm) et aux autres structures adjacentes est également une bonne pratique. Pour une meilleure protection contre les éclaboussures d'eau de la façade, un remblai de gravier supplémentaire mesuré à partir du bâtiment peut être envisagé.
En résumé, la résistance à l'humidité d'une terrasse en bois dépend d'une combinaison judicieuse de facteurs : le choix d'essences de bois adaptées aux classes d'emploi appropriées, une structure porteuse solide et bien protégée, l'utilisation de quincaillerie de qualité, et surtout, un entretien régulier et attentif. En prêtant attention à ces détails, vous pouvez construire et maintenir une terrasse en bois belle, fonctionnelle et durable pour de nombreuses années.
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