La Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) double flux est un système de ventilation qui a fait ses preuves, offrant une solution efficace pour le renouvellement de l'air dans une habitation tout en générant d'importantes économies d'énergie. Dans les maisons à hautes performances énergétiques, son choix s'avère stratégique pour maîtriser les déperditions de chaleur dues à la ventilation. Cet article se propose d'explorer en profondeur la mise en œuvre d'un tel système, en abordant les aspects techniques, les choix de matériel, l'installation, l'entretien, et en considérant particulièrement les maisons à étages. Certaines étapes peuvent être réalisées par le particulier, allégeant ainsi la facture de l'installation.

À la différence d'une VMC simple flux qui se contente d'extraire l'air vicié, la VMC double flux assure à la fois l'extraction de l'air pollué des pièces humides (cuisine, salle de bain, buanderie, toilettes) et le soufflage d'air neuf dans les pièces de vie (salon, chambres). Le dispositif joue un double rôle essentiel : d'une part, il extrait l'air vicié, et d'autre part, il récupère les calories présentes dans cet air extrait grâce à un échangeur de chaleur pour préchauffer l'air neuf qui sera ensuite insufflé dans la maison. Ce système permet ainsi de renouveler l'air intérieur tout en limitant les déperditions thermiques, contribuant significativement au confort et aux économies de chauffage.
Le dispositif permet uniquement l'échange thermique. La mise en place d’une VMC double flux exige de faire appel à un professionnel qualifié, qui doit la dimensionner pour qu’elle corresponde parfaitement au volume de l’habitation. Qu’il s’agisse d’une VMC simple flux ou double flux, les deux systèmes ont pour point commun d’assurer le renouvellement de l’air dans votre logement.
Le premier point à mettre en évidence est d'ordre sanitaire. En effet, grâce au dispositif du double flux, l'air introduit à l'intérieur du logement est dépourvu de toute pollution. Elle évite aussi toute pollution sonore. N’ayant pas d’entrée d’air raccordée directement avec l’intérieur du logement, mais via passage dans l’échangeur ce qui limite considérablement les nuisances sonores de l’extérieur.
La VMC double flux est un système qui s’envisage dans un bâtiment à très haute performance énergétique. Son installation et le choix du matériel sont déterminants pour que la VMC soit efficace et durable.
Dans le cadre de la construction d'une maison en paille avec une très haute performance énergétique, de 130 m² comportant 3 chambres, 2 salles de bain et une buanderie, le choix de la marque Zehnder, avec le modèle COMFOAIR Q 350, s'est imposé. Ce modèle a été sélectionné pour ses très bonnes performances, mais aussi pour la facilité de changement des filtres et l'accès aisé à l'intérieur du caisson pour la maintenance. Mr Labat Sébastien de Ventilea, un professionnel basé en Rhône-Alpes, a accompagné le chantier et a proposé une formation aux particuliers pour les rendre autonomes sur certains aspects de la pose.
Mr Labat vend et dimensionne surtout des VMC DF Zehnder car l'entretien est confortable. Le devis pour cette maison s'élève à un peu moins de 10 000 €, entièrement réalisé par l'artisan.
Les marques distribuées sont Zehnder et Paul. Le choix se portera vers la marque Zehnder avec le modèle COMFOAIR Q 350 adapté à la maison.
Pour garantir l'efficacité et la durabilité d'une installation de VMC double flux, le choix du caisson est primordial. Plusieurs certifications peuvent guider ce choix :
Pour les caissons VMC ne mentionnant aucune caractéristique technique claire, le fonctionnement réel reste une inconnue, rendant leur choix hasardeux.
Une VMC double flux doit être accessible facilement et installée dans le volume chauffé de la maison. Même si les centrales double flux sont de plus en plus silencieuses, il est préférable de ne pas les placer à proximité des chambres à coucher. À noter aussi que les filtres doivent être accessibles, car ils devront être nettoyés ou changés une à deux fois par an. L’échangeur et les répartiteurs seront placés au RDC dans la buanderie.
Une planification minutieuse est essentielle pour une installation réussie. Il faut prévoir dès la conception le passage des réseaux de gaines.
Les conduits d'air neuf et de rejet doivent être isolés thermiquement pour prévenir la condensation et les déperditions de chaleur. Le linéaire de conduits doit être minimisé, ce qui renvoie à l'importance du placement de la VMC double flux dans le logement. L'ensemble doit être étanche à l'air.
Il est préférable de privilégier les conduits rigides (en polypropylène expansé ou en acier galvanisé) par rapport aux conduits souples spiralés. Les conduits d'air insufflé et d'air extrait doivent être de qualité alimentaire, nettoyables et fortement étanches à l'air. Les gaines souples en PVC, utilisables en VMC simple flux, ne sont pas adaptées pour une VMC double flux.

Il est essentiel d'éviter l'encrassement de l'installation pendant le chantier. Tous les conduits, plenums et piquages de VMC doivent être obturés pendant toute la durée des travaux. Les conduits et caissons doivent être stockés à l'abri et protégés de la poussière avant leur mise en œuvre. Des bouchons doivent être disposés sur les éléments pour empêcher la poussière de pénétrer dans l'installation. Si l'installation n'est pas correctement protégée, les poussières générées pendant le chantier pénétreront dans l'installation, colmatant les filtres en quelques jours lors de la mise en route. Les bouches seront posées au dernier moment, ou seront scotchées pendant toute la durée du chantier.
Il est primordial de bien étancher l'ensemble des connexions. Chaque système de conduit a ses spécificités, nécessitant l'utilisation de joints, de scotchs et de fixations étanches. Il faut s'assurer que tous les plenums, répartiteurs et accessoires du réseau sont bien étanches. L'étanchéité du réseau aéraulique est classée de défaut à classe C (classe C étant la meilleure). Les systèmes de conduits commencent à faire l'objet de certifications fournissant des informations sur l'étanchéité obtenue, ce qui peut être utile pour les bilans thermiques RT2012.
Pour assurer une bonne acoustique du réseau, il est préférable d'installer deux bouches de 30 m³/h plutôt qu'une seule bouche de 60 m³/h. Les bouches de diamètre 125 sont plus silencieuses que celles de diamètre 80. En cas de problème de bruit, l'utilisation d'atténuateurs acoustiques et de silencieux est recommandée.
Il est important de bien vérifier le détalonnage des portes de service pour permettre le transit de l'air des pièces de vie vers les pièces d'eau (un espace de 1 à 2 cm est généralement suffisant). Le placement judicieux des bouches est également crucial pour assurer un renouvellement d'air complet dans chaque pièce. La position dépend du type de diffuseur. Il faut éviter de placer les bouches trop près des espaces de vie pour prévenir les courants d'air inconfortables, ainsi que derrière les meubles.
Une fois l'installation terminée, la mise en service et le réglage sont des étapes fondamentales pour garantir l'efficacité du système.
Un anémomètre à hélice ou à fil chaud, équipé d'un cône adapté à la bouche, est utilisé pour mesurer le débit de chaque diffuseur. Cela permet de régler l'obturation des bouches pour obtenir l'équilibrage souhaité du réseau de ventilation dans la maison. L'artisan réalise ces mesures pour s'assurer que le réseau est correctement équilibré.
Il est recommandé de demander un procès-verbal de mise en service. Cette opération, généralement réalisée par le fabricant ou une entreprise tierce, consiste en la mesure des débits d'air aux bouches, le réglage fin du caisson, et la vérification du bon fonctionnement de l'ensemble. L'objectif est de s'assurer que l'installation fonctionne de manière optimale dès sa mise en marche. Cette action est nécessaire dans le cadre d'une démarche passive et conseillée par les règles de l'art pour la VMC double flux.

Un entretien régulier est indispensable pour garantir la longévité et l'efficacité de la VMC double flux.
L'accessibilité du caisson pour la maintenance des filtres est un point essentiel à considérer dès la conception. Il faut prévoir de pouvoir visiter l'installation au moins deux fois par an pour le remplacement des filtres et l'éventuel nettoyage de l'échangeur.
Un nettoyage complet de la VMC est à prévoir tous les 2 ans. Le nettoyage complet des réseaux est recommandé tous les 10 ans.
Il est conseillé de tenir un carnet d'entretien de la VMC, en y notant les dates de remplacement des filtres et les différentes opérations de maintenance effectuées.
La VMC double flux est envisageable dans un projet de rénovation, mais elle s'adresse avant tout à des bâtiments performants thermiquement. Pour qu'une VMC double flux soit efficace après une rénovation, celle-ci doit comprendre au minimum : une isolation extérieure des murs, des vitrages performants et une isolation des combles.
Il faut bien avoir en tête qu'il faut de la place d'une part pour installer la VMC elle-même et d'autre part prévoir de la place pour le passage des gaines. La réalisation d'un faux-plafond peut être nécessaire.
Dans le cas d'une maison ancienne (comme celle datant de 1800 et quelques), l'aménagement et l'isolation du grenier pour y installer une VMC double flux sont possibles. Cependant, des défis spécifiques peuvent se présenter concernant le placement des bouches et le cheminement des gaines, notamment dans les configurations avec des poutres apparentes ou des combles aménagés sous toiture.
Dans une maison ancienne, il est parfois difficile de faire passer les gaines de manière discrète. L'utilisation de conduits de faible diamètre et leur intégration dans des coffrages ou des faux plafonds peuvent être des solutions. L'emplacement des bouches d'insufflation doit être pensé pour assurer une bonne diffusion de l'air sans créer d'inconfort. L'effet Coanda, qui consiste à diriger le flux d'air le long du plafond, peut être utilisé pour améliorer la circulation de l'air, même si la bouche n'est pas idéalement placée à l'opposé de la porte.
Sur combien d'étages une VMC double flux peut être installée ? Il n'y a pas de limite stricte au nombre d'étages, à condition que le système soit correctement dimensionné et que le réseau de gaines soit conçu pour desservir efficacement toutes les zones. La hauteur sous plafond (2.60m dans l'exemple donné) et la surface habitable (environ 160m² pour un volume de 338+100m³) sont des paramètres importants pour le dimensionnement de l'unité centrale.
Il est important de comprendre les différentes normes et certifications qui régissent les performances des VMC double flux.
Le rendement d'une VMC double flux est établi en considérant que la ventilation est située dans un volume chauffé. Si le système est placé dans un volume froid, les rendements s'effondrent.
Est-ce que je peux ouvrir les fenêtres lorsque la VMC fonctionne ? Cela ne pose pas de problème ponctuellement en saison froide. Bien que la VMC double flux assure un renouvellement d'air constant, l'ouverture des fenêtres reste une pratique courante pour aérer ponctuellement un logement, même si elle peut entraîner des déperditions thermiques temporaires.
Il existe des systèmes de ventilation à récupération de chaleur dits "décentralisés", qui se présentent sous la forme de petites machines. Ces appareils peuvent être installés pièce par pièce et fonctionnent souvent par cycles alternés. Bien que pratiques, notamment dans le cadre de rénovations où la mise en place d'un réseau centralisé s'avère complexe, ces systèmes répondent rarement à des certifications aussi rigoureuses que les appareils centralisés. L'efficacité du renouvellement d'air peut varier en fonction de la configuration de la pièce et de la performance de l'appareil.
Les systèmes de VMC double flux décentralisés sont une alternative intéressante lorsque l'installation d'un système centralisé est techniquement difficile ou trop coûteuse. Ces appareils, souvent compacts, sont conçus pour être installés directement dans le mur extérieur, assurant à la fois l'extraction de l'air vicié et l'insufflation d'air neuf. Ils intègrent un échangeur thermique pour récupérer les calories de l'air extrait.
Parmi les solutions décentralisées, on trouve des caissons qui fonctionnent en continu avec deux ventilateurs et un échangeur à plaques, ou des appareils qui alternent les phases de soufflage et d'extraction. Ces derniers utilisent généralement des échangeurs en céramique pour accumuler la chaleur.
Un des principaux inconvénients des systèmes décentralisés réside dans le fait que les matériels répondent rarement à des certifications rigoureuses, contrairement aux appareils centralisés. De plus, leur efficacité peut être affectée par la configuration de la pièce et l'absence d'un réseau de distribution d'air optimisé.
Dans certains cas, la diffusion d'air par les combles est envisagée pour les rénovations de pavillons disposant d'un espace perdu. Cependant, il est crucial que l'entretien de la VMC reste possible et que le caisson ainsi que les réseaux d'air extrait et soufflé soient situés dans un volume chauffé ("côté chaud"). Les VMC double flux estampillées "rénovation" ou "spécial combles perdus" sont à considérer avec prudence, car les rendements de VMC sont établis en tenant compte de leur installation dans un volume chauffé.
En résumé, les points abordés constituent les "fondamentaux" pour que la ventilation double flux assure une parfaite satisfaction. Le choix du professionnel, la conception du réseau, la qualité du matériel et un entretien régulier sont autant de facteurs déterminants pour l'efficacité et la durabilité de votre installation.
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