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La rénovation énergétique des maisons, particulièrement celles construites dans les années 70, soulève des questions cruciales concernant l'isolation des combles et la gestion de l'humidité. Un forum de discussion met en lumière les dilemmes auxquels sont confrontés les propriétaires, notamment la nécessité de supprimer ou de conserver les aérations des combles une fois celles-ci isolées, et l'impact d'une ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux dans des climats doux comme celui de la Bretagne. Cet article explore ces problématiques en s'appuyant sur les échanges et les informations techniques partagées, afin de proposer une approche structurée pour une isolation des combles performante et durable.

Maison ancienne avec combles

L'humidité, un ennemi insidieux des constructions des années 70

Les maisons typiques de la région, construites dans les années 70 avec des parpaings et un enduit, présentent souvent des traces d'humidité. Ce phénomène n'est pas directement lié au froid, mais plutôt à une accumulation de vapeur d'eau qui trouve difficilement son chemin vers l'extérieur. Les bouches d'aération situées sur les façades nord et ouest, exposées aux vents et aux pluies, peuvent devenir, en hiver, des sources de courants d'air froid importants. C'est dans ce contexte que l'idée d'installer une VMC double flux émerge, avec l'objectif d'utiliser les combles isolés pour préchauffer l'air entrant, réduisant ainsi la sensation de froid.

L'un des points de friction dans ces rénovations réside dans la compréhension des termes techniques. L'isolation "sous toiture" désigne l'isolant placé sous la couverture, entre les chevrons de la charpente. On parle d'isolation par l'intérieur. Un "rampant de toiture" est la partie inclinée du toit. L'isolation des rampants peut donc se faire par l'intérieur (sous toiture) ou par l'extérieur.

Les impératifs avant d'isoler sous toiture

Avant de se lancer dans des travaux d'isolation de la toiture, un diagnostic complet de l'état de la couverture et de la charpente est indispensable. Il faut impérativement vérifier l'absence d'infiltrations d'eau, qui nécessiteraient une réparation de l'étanchéité de la toiture. L'état des pièces de charpente doit être surveillé ; les éléments détériorés doivent être changés ou renforcés pour ne pas compromettre la structure du toit et les travaux d'isolation. La présence d'insectes xylophages doit également être vérifiée, et un traitement curatif ou préventif appliqué si nécessaire.

Pour les constructions neuves, une étude thermique est obligatoire pour s'assurer de la conformité aux exigences de la réglementation thermique en vigueur, telle que la RE2020. C'est l'ensemble du bâtiment qui doit être conforme, et non des éléments isolés.

Choisir la bonne isolation sous toiture : performance et confort

L'objectif principal de l'isolation est d'offrir la meilleure résistance thermique possible pour limiter les déperditions de chaleur en hiver. Une bonne isolation contribue également au confort d'été en évitant les surchauffes. La nouvelle réglementation thermique RE2020 impose une résistance thermique comprise entre 8 et 10 m².K/W, garantissant une isolation performante en hiver et un temps de déphasage d'au moins 12 heures pour l'été.

Trois techniques d'isolation sous toiture sont possibles :

  • Isolation en simple couche : Solution la moins coûteuse et la plus rapide. Les panneaux isolants sont posés transversalement aux chevrons.
  • Isolation en double couche : Permet d'atteindre de très hautes performances thermiques, répondant aux exigences de la RE2020. Elle est plus coûteuse et demande plus d'espace. Il existe deux méthodes : avec chevrons perpendiculaires rapportés ou avec des suspentes d'isolation.
  • Insufflation d'un isolant en vrac : Solution écologique et économique à l'achat, mais qui requiert une installation rigoureuse pour garantir l'étanchéité à l'air et une densité minimale de 50 kg/m³ afin d'éviter le tassement.

Le choix de la technique dépendra de la performance thermique et de déphasage souhaitée, de l'espace disponible et du budget.

Schéma isolation rampants toiture

Les isolants compatibles et leurs caractéristiques

Pour l'isolation sous toiture, les isolants en panneaux souples ou semi-rigides sont généralement utilisés. La laine de bois est un excellent compromis. D'autres isolants biosourcés comme le chanvre, le lin, le coton, ou la ouate de cellulose sont également disponibles, ainsi que le coton recyclé.

Voici un tableau comparatif des panneaux isolants pour l'isolation thermique sous toiture :

MatièreTypeProduitLambda (W/(m².K))Capacité (J/(kg.K))Temps de déphasage (260mm)Prix m² (ép. 100mm)
Laine de boisPanneauxSteico Flex0.036210010h9.18€
Laine de boisVracSteico Zell0.038210010h305€
Chanvre, Lin, CotonPanneauxBiofib Trio0.03818007h1512.2€
Ouate de cellulosePanneauxBiofib ouate0.0418009h15.6€
Ouate de celluloseVracIsocell0.039210010h304.5€
Coton recycléPanneauxMetisse RT0.03916005h3010.65€

Il est important de noter que ces prix sont indicatifs et peuvent varier. Le temps de déphasage mesure la capacité d'un matériau à retarder le transfert de chaleur, contribuant au confort d'été.

La lame d'air : un élément crucial pour la gestion de l'humidité

La question de la lame d'air entre l'isolant et la toiture est fondamentale. Si un écran sous toiture (pare-pluie) est présent et qu'il est HPV (haute perméabilité à la vapeur d'eau), l'isolant peut être placé directement contre la membrane. Sinon, une lame d'air ventilée de 2 cm minimum est nécessaire entre les liteaux et l'isolant. Cette lame d'air doit être continue, de l'égout au faîtage, pour évacuer l'humidité traversant l'isolant en hiver et prévenir la condensation.

Installation Chapitre 6 : Lame d'air et ventilation

Dans le cas d'une isolation en double couche, il est impératif que les deux couches d'isolant soient plaquées l'une contre l'autre, sans espace d'air intermédiaire, pour garantir l'efficacité thermique.

Le frein vapeur : une barrière essentielle contre l'humidité

Un frein vapeur hygrovariable, placé sous l'isolant côté chaud de la pièce, est obligatoire. Son rôle est de ralentir les transferts d'humidité, d'éviter la condensation et d'assurer l'étanchéité à l'air de l'enveloppe. Les lés de frein vapeur doivent se chevaucher de 8 cm minimum et être scotchés avec un ruban adhésif spécifique. Les jonctions avec les murs seront réalisées avec un cordon de colle.

Dans le cas d'une isolation par insufflation, un pare-vent est placé sous les chevrons pour ménager une lame d'air ventilée sous la couverture. L'étanchéité à l'air doit être soignée à toutes les jonctions. Ensuite, des planches ou poutres sont disposées transversalement aux pannes, puis les caissons sont fermés par un frein vapeur hygrovariable armé, renforcé par des liteaux pour créer un vide technique. L'insufflation se fait ensuite à une densité minimale de 50 kg/m³.

Gérer les aérations des combles isolés : un débat ouvert

La question initiale de la suppression des aérations des combles une fois isolés reste un point de débat. Si l'objectif est d'utiliser les combles comme volume tampon pour le passage des gaines de VMC double flux, l'isolation jusqu'au faîtage est primordiale. Cependant, la présence d'une VMC double flux implique un renouvellement d'air contrôlé, réduisant la nécessité des aérations passives traditionnelles qui peuvent créer des ponts thermiques et des inconforts.

Dans le cas d'une maison mitoyenne située dans un lotissement et à proximité d'un clocher, les contraintes d'isolation par l'extérieur sont importantes. L'isolation par l'intérieur devient alors la solution privilégiée. La présence d'une vieille laine de verre remplacée par de la laine de bois de 20 cm d'épaisseur, isolant jusqu'au faîtage, modifie considérablement le comportement thermique et hygrométrique des combles.

Une expérience partagée décrit une isolation avec deux couches de panneaux, allant jusqu'à une hauteur de 2,50m, suivie d'un faux plafond isolé. Dans la faîte, au-dessus de cette isolation, des grilles d'aération ont été installées, créant une aération permanente entre la sous-toiture et le premier panneau d'isolation. Cette configuration suggère que, même avec une isolation performante, une certaine ventilation du volume le plus haut de la toiture peut être considérée comme bénéfique pour évacuer l'humidité résiduelle.

Il est essentiel de se référer aux normes DTU (Documents Techniques Unifiés) pour la ventilation de la toiture. Si la sous-toiture n'est pas HPV, une lame d'air de 2 cm est généralement requise. La configuration des entrées d'air en partie basse dépendra de la structure spécifique de la maison.

La décision de supprimer ou de conserver les aérations doit donc être prise après une analyse fine des flux d'air et de l'humidité au sein de la toiture, en tenant compte du type d'isolant, de la présence d'un écran sous toiture, et du système de ventilation global de la maison. Une VMC double flux, en assurant un renouvellement d'air constant et contrôlé, peut potentiellement permettre de se passer des aérations passives, à condition que l'étanchéité à l'air de l'enveloppe soit parfaite et que le système de ventilation soit correctement dimensionné et installé.

L'amortissement du coût d'installation d'une VMC double flux en Bretagne, malgré un climat doux, peut être problématique. Cependant, les bénéfices en termes de qualité de l'air intérieur, de confort thermique et de réduction de la consommation énergétique peuvent justifier cet investissement sur le long terme.

Pour éviter la condensation lors de la pose de plaques de Gyproc, il est conseillé de s'assurer que l'isolant entre les chevrons est suffisant pour éviter la formation de ponts thermiques et que le frein vapeur est correctement mis en œuvre pour empêcher la migration de la vapeur d'eau. La présence d'un pare-vapeur sur l'isolant existant ne dispense pas toujours de l'ajout d'une couche supplémentaire, selon la composition globale de la paroi et les conditions d'humidité.

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