Les systèmes de Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) sont essentiels au confort et à la salubrité de nos logements. Cependant, ils peuvent parfois être source de nuisances sonores. Heureusement, il existe des solutions pour intervenir sur les différents bruits générés par un système de ventilation, même lorsque le réseau est déjà posé. Comprendre les origines du bruit est la première étape pour y remédier efficacement.
Identification des sources de bruit dans un système VMC
Le bruit d'une VMC peut provenir de plusieurs sources, qu'il s'agisse de la centrale d'extraction elle-même, de la propagation du son dans les conduits, ou encore des turbulences de l'air. L'identification précise de ces sources est primordiale pour choisir la solution la plus adaptée.

Il existe des méthodes d’identification des sources de bruit qui impliquent des modifications de l’installation de VMC. Ces modifications sont faites sous votre entière et unique responsabilité. Il est important de noter que les modifications du réseau peuvent augmenter ou diminuer les pertes de charges et donc les débits. Il est donc conseillé de se faire accompagner dans votre projet par un professionnel, par exemple via un audit acoustique ou un conseil en choix acoustique.
Les bruits peuvent être classés en plusieurs catégories :
- Bruit généré par les vibrations de la centrale VMC : Les vibrations solidiennes générées par la centrale de ventilation se transmettent à son support, puis se propagent par les éléments solides du bâtiment (planchers, poutres, cloisons…) et enfin rayonnent sous forme d’ondes acoustiques.
- Bruit généré par les vibrations des gaines de VMC : Les vibrations solidiennes générées par la centrale de ventilation se transmettent aux gaines de VMC, puis se propagent le long des gaines et rayonnent sous forme d’ondes acoustiques tout le long des gaines et plus spécifiquement en des points particuliers des gaines. Plus la gaine est rigide axialement et plus elle transmet les vibrations. Une façon de savoir si le bruit dérangeant provient du rayonnement des vibrations des gaines de VMC est de désolidariser les gaines de leur piquage sur la centrale de ventilation (afin de rompre le chemin de propagation des vibrations) tout en laissant l’air s’écouler dans les gaines (pour laisser la VMC fonctionner normalement), puis d’observer si le bruit dérangeant a été réduit.
- Bruit généré par la centrale VMC autour d’elle : La centrale VMC émet du bruit autour d’elle. Ce bruit peut être dérangeant à proximité de l’appareil, par exemple, s’il est installé proche d’une chambre.
- Bruit lié au fonctionnement de la centrale VMC dans le réseau aéraulique : Le fonctionnement de la centrale VMC génère du bruit qui se propage dans le réseau aéraulique, à l’intérieur des gaines. Il s’échappe des gaines, au travers leurs parois et au niveau des bouches de ventilation. Ce bruit est composé du bruit du moteur et du ventilateur de la centrale VMC. Pour savoir si le bruit dérangeant provient du fonctionnement de la centrale VMC, ouvrez un piquage inutilisé de la centrale VMC et écoutez le bruit émis. Si ce bruit ressemble fortement à celui dérangeant, cela indique probablement que son origine est le fonctionnement de la centrale VMC. Une autre façon est de mesurer le spectre du bruit, par exemple avec une application sur téléphone mobile, et d’observer si des raies espacées harmoniquement (fréquences multiples les unes des autres) en fréquence sont présentes de manière importante.
- Bruit de turbulences générées dans le réseau aéraulique : Lorsqu’un écoulement d’air rencontre un obstacle, des turbulences se forment et génèrent du bruit. Les obstacles sont globalement les mêmes éléments que ceux générant des pertes de charge importantes : coudes, bouches, gaines non lisses… Le bruit d’écoulement d’air est généralement un bruit large bande (type bruit blanc), relativement peu gênant. Plus gênants : les bruits de sifflements, aussi dues à des turbulences et générés par des obstacles de petites dimensions (grilles, débris dans la gaine…). Plus la vitesse de l’écoulement est élevée et plus les turbulences sont importantes. Il est important de noter que ces bruits viennent s’ajouter au bruit de fonctionnement de la centrale VMC et ne sont pas générés directement par celle-ci.
Solutions pour réduire le bruit de votre VMC
Il existe une variété de solutions pour atténuer le bruit de votre VMC, allant de modifications simples à des ajouts d'équipements spécifiques.
I. Réduire les vibrations de la centrale VMC
Les vibrations de la centrale sont une source majeure de bruit transmise aux structures du bâtiment.
- Suspendre l’appareil par cordelette : Cette méthode permet de désolidariser la centrale des supports rigides, réduisant ainsi la transmission des vibrations.
- Installer des plots antivibratiles ou un isolant caoutchouc : Ces dispositifs, placés entre la centrale et son support, absorbent les vibrations. Dans les autres cas, il est recommandé de découpler l’appareil de son support grâce à des plots antivibratiles ou d'un isolant caoutchouc.
- Positionnement de la centrale : Si la centrale VMC est positionnée entre le plafond et le faux plafond, veillez à ce que la centrale VMC ne touche pas le faux plafond.
- Vérification de l'appareil : Si la centrale VMC vibre fortement, cela peut être dû à un endommagement de l’appareil.
II. Réduire les vibrations transmises par les gaines
Les gaines peuvent amplifier et propager les vibrations de la centrale.
- Limiter les points de contact : Limiter les points de contact entre la gaine et des surfaces rayonnantes telles que des faux plafonds.
- Installer des connexions à joint : Installer des accessoires de connexion à joint entre les tronçons de gaines et entre les gaines et la centrale VMC. Alternativement, insérer un tronçon de gaine souple entre la centrale VMC et le reste des gaines rigides.
- Appliquer une bande résiliente : Appliquer une bande résiliente sur la gaine VMC.
- Opter pour des gaines transmettant peu les vibrations : Certaines gaines sont plus aptes à limiter la transmission des vibrations.
III. Atténuer le bruit émis par la centrale VMC
Le bruit directement émis par la centrale peut être gênant, surtout si elle est située à proximité des pièces de vie.
- Choisir une VMC silencieuse : Opter pour une VMC affichant une puissance sonore - Lw ou LwA, exprimée en dB(A) - faible. La puissance sonore d’une VMC correspond à l’énergie acoustique qu’elle émet par unité de temps en prenant en compte des conditions de fonctionnement réelles. Cette valeur est indépendante du montage de l’appareil (à la différence du niveau de pression). Elle permet donc de comparer les centrales VMC entre elles, indépendamment de la fixation des appareils, de l’impact des gaines, des bouches de ventilation etc. Le mieux est de retrouver les données ErP (Energy Related Product), dont les chiffres sont obtenus à partir d'un protocole de mesure normé (EN 12599 et EN ISO 3741).
- Optimiser l'emplacement de la centrale : Installer l’appareil à un endroit de votre logement où le bruit est moins dérangeant. Il est recommandé d'installer la centrale VMC loin des angles et coins de murs, car ces positions favorisent l’excitation des résonances acoustiques.
- Atténuer les résonances acoustiques : Si l’appareil est installé dans une pièce de votre logement, vérifiez qu’il n’est pas installé dans un angle ou dans un coin de la pièce. Si ce n’est pas possible de déplacer l’appareil, ou en complément d’un bon positionnement, vous pouvez installer un matériau acoustique absorbant (mousse de mélamine, feutre de PET, laine de verre, laine de roche, laine de bois…) sur les parois intérieures de l’espace accueillant la centrale VMC. Cela atténuera les résonances de l’espace clos et donc le niveau de pression sonore.
- Isoler acoustiquement l’appareil : En enfermant la centrale VMC dans un caisson insonorisant, vous réduirez la puissance sonore transmise depuis l’appareil jusqu’à votre logement. Des modèles sont vendus en kits ou vous pouvez le fabriquer vous-même. Pour ce faire, réalisez une boite dans un matériau relativement lourd (ex : planches de bois) qui servira d’isolant acoustique. Puis, tapissez l’intérieur de la boite avec un matériau acoustique absorbant et ignifugé pour atténuer ses résonances.
IV. Réduire le bruit se propageant dans le réseau aéraulique
Le bruit du moteur et du ventilateur se propageant dans les gaines peut être une source de gêne.
- Choisir une VMC avec un faible niveau de bruit aux bouches : Opter pour une VMC affichant un niveau de bruit au niveau des bouches faible. Les fabricants indiquent le niveau de pression à certaines distances et le niveau de puissance sonore à la bouche.
- Installer un piège à son à la sortie de la centrale : Installer un piège à son à la sortie de la centrale VMC simple ou double flux. Le piège à son est un dispositif qui fonctionne par dissipation et réflexion combinées du bruit. Il est installé dans le conduit, en aval de la source de bruit. Il transforme le bruit en une très faible quantité de chaleur, le bruit est renvoyé en arrière, à son, et une augmentation à l’amont du piège à son inférieure à 3 dB est constatée. L’efficacité d’un piège à son dépend de la fréquence du son et du diamètre du conduit. Ils génèrent des pertes de charges dans le réseau, il faut s’assurer que le débit reste suffisant.
- Installer une gaine atténuant le bruit : Installer une gaine atténuant la propagation du bruit à la sortie de la centrale VMC. L’isolation de ces gaines a une vocation initiale thermique pour éviter la condensation. L’isolant améliore l’insonorisation de la gaine, c’est-à-dire qu’il diminue le rayonnement de la gaine (par rapport à la gaine souple non isolée). L’isolant atténue la propagation du bruit dans la gaine souple. Les gaines souples isolées thermiquement peuvent être vues comme des pièges à son mis sous la forme de gaines. Cet effet d’atténuation de la propagation du bruit dans la gaine est uniquement valable pour les gaines souples. En effet, l’atténuation est obtenue par couplage de la déformation de la gaine souple et de l’isolant poreux.
- Installer une gaine à fort rayonnement : Installer une gaine à fort rayonnement (gaine souple) à la sortie de la centrale VMC. Ainsi, le bruit gênant émis par la centrale VMC dans la gaine est rayonné à l’extérieur de la gaine plutôt que jusqu’à la bouche. Les conduits souples non isolés, en aluminium ou en PVC, sont les plus économiques mais rayonnent le plus du fait de la très faible épaisseur de leurs parois. Ils apportent une atténuation acoustique marginale.
- Installer un piège à son ou un anneau acoustique derrière la bouche VMC : Installer un piège à son ou un anneau acoustique derrière la bouche VMC. Cela ne diminue pas le bruit rayonné par la gaine mais diminue le bruit rayonné par la bouche. L’anneau acoustique est un dispositif qui fonctionne aussi par dissipation et réflexion combinées du bruit. Il s’installe dans le conduit, juste derrière la bouche. Il présente l’avantage de pouvoir être installé sans démonter les gaines mais est moins efficace qu’un piège à son. De plus, il réduit de la section du conduit ce qui diminue le débit à la bouche.
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V. Réduire le bruit de turbulences et de sifflement
Les turbulences de l'air et les obstacles dans le réseau peuvent générer des bruits désagréables.
- Assurer une entrée d'air correcte : Vérifier que l’entrée de l’air dans le bâtiment est correcte.
- Assurer une extraction d'air correcte : Vérifier que l’extraction de l’air dans le bâtiment est correcte.
- Réduire les pertes de charge : Réduire les pertes de charge le long du réseau aéraulique.
- Utiliser des gaines de plus grand diamètre : Utiliser des gaines de plus grand diamètre permet de réduire la vitesse de l'air et donc les turbulences.
- Utiliser des gaines atténuant la propagation du bruit : Comme mentionné précédemment, certaines gaines ont des propriétés d'atténuation acoustique.
- Nettoyer les bouches et les gaines : Nettoyer les bouches de VMC, les entrées d’air et l’intérieur des gaines. Un encrassement peut créer des obstacles et générer du bruit.
- Supprimer les pincements de gaines : Supprimer les pincements des gaines qui créent des turbulences.
- Installer des bouches VMC en métal : Installer des bouches VMC en métal peut réduire certains bruits de sifflement.
Comprendre le fonctionnement des systèmes de VMC hygroréglables
La VMC hygroréglable est un système intelligent qui s'adapte à l'humidité ambiante pour optimiser la ventilation et limiter les risques d'humidité, de moisissures et de mauvaises odeurs.

La ventilation mécanique contrôlée (VMC) permet de faire circuler l'air dans un logement et ainsi de le purifier. Cela permet de limiter les risques d'humidité, ce système est indispensable dans des pièces humides (cuisine, salle d'eau, salle de bains, WC), d'autant plus lorsqu'elles ne peuvent être aérées naturellement. La VMC hygroréglable va encore plus loin que la VMC traditionnelle. Ce système intelligent s'adapte à votre mode de vie et à l'humidité de vos pièces. Par exemple, lorsque vous prenez votre douche, cette VMC contrôle le taux d'humidité qui augmente alors et se régule pour aspirer plus d'air qu'en temps normal. Lorsqu’elle juge que l’air devient plus sec, son clapet se referme peu à peu et l’aspiration reprend son rythme normal.
Il existe deux systèmes de VMC hygroréglables à savoir le type A et le type B. Dans le premier cas, les bouches d'extraction varient selon l'humidité et les entrées d'air sont à débit fixe. Dans le second cas, les bouches et les entrées d'air sont variables selon l'humidité. Le débit doit s'adapter au nombre de pièces de votre logement.
La VMC hygroréglable a pour objectif de limiter les risques d'humidité dans votre logement. Cette humidité engendre des moisissures et des mauvaises odeurs. Au-delà de l'inconfort généré, il est très malsain de vivre dans une maison humide, cela peut entraîner, entre autres, des problèmes respiratoires. En rejetant l’air vicié, la VMC rend votre espace plus sain. D'autre part, la VMC hygroréglable est un atout important pour vos économies d'énergie. En renouvelant l’air de manière régulière et en limitant l’humidité, votre système de chauffage sera moins sollicité.
L’intérêt de la VMC hygroréglable est double. D'une part, cela permet de contrôler automatiquement le taux d'humidité et de s'y adapter. En effet, contrairement à la VMC traditionnelle que l’on peut contrôler à l’aide d’un interrupteur pour moduler sa puissance d'aspiration, la VMC hygroréglable adapte les débits aspirés selon le taux d'humidité de chaque pièce. D'autre part, c'est un système qui est abordable en matière de prix, le coût d'installation d'une VMC hygroréglable est moins élevé que celui d'une VMC double flux.
Cette ventilation mécanique contrôlée est autonome. Ainsi, il n'y a pas de réglage. Le moteur tourne à vitesse constante, le débit est modulé par les bouches d'extraction ou les entrées d'air situées sur les fenêtres. C'est l’hygrométrie de la pièce dans laquelle elle est installée qui influe sur le fonctionnement de la VMC.
VMC et bruit : une question de performance et de conception
Il est important de comprendre que tout système de ventilation génère du bruit. Cependant, lorsque l'installation est réalisée dans les règles de l'art, ce bruit est considérablement réduit. Si le moteur est récent, un bruit excessif peut indiquer un défaut de conception. S'il est plus ancien, une vétusté manifeste peut être en cause. Des gaines abîmées ou non adaptées peuvent entraîner un sifflement de votre VMC. Si vous constatez qu’elles sont trop tendues, il peut s’avérer judicieux de les allonger. Un nettoyage régulier est nécessaire pour s’assurer du bon fonctionnement de votre VMC, et donc d’un faible bruit. Il convient de nettoyer le caisson régulièrement pour le désencrasser, mais aussi les entrées d’air à l’aide d’un aspirateur.
Il ne faut pas couper la VMC. Les maisons contemporaines étant de mieux en mieux isolées, les fentes d'air ne sont plus aussi fréquentes, ce qui limite l'apport continu d'air frais. Couper la VMC crée une atmosphère confinée où l'air frais ne peut plus entrer et l'air pollué ne peut plus sortir. Les conséquences peuvent aller de l'apparition d'odeurs nauséabondes à de graves problèmes de santé.
- Gestion de l'humidité : Nous produisons une quantité importante d'humidité dans nos habitations (2 à 5 litres par jour et par personne, plus lors des activités comme la cuisine ou la douche). Sans ventilation, cette humidité persiste, entraînant condensation, taches d'humidité, voire moisissures, ce qui affecte la santé respiratoire.
- Qualité de l'air intérieur : Nous exhalons du CO2, et l'utilisation de produits chimiques ou les bougies peuvent polluer l'air. Si la VMC est éteinte, cet air vicié stagne.
- Économies d'énergie : Bien que couper la VMC semble économiser de l'électricité, l'accumulation d'humidité rend le logement plus étouffant, nécessitant un chauffage plus important, annulant ainsi le gain initial. Les systèmes de ventilation avec récupération de chaleur ou de ventilation zonale sont plus efficaces énergétiquement.
- Prévention des maladies : L'extraction de l'air contribue à réduire la propagation des maladies, notamment dans les lieux publics comme les écoles.
Des exceptions existent, comme pendant les travaux d'entretien ou en cas d'incendie. Les systèmes de ventilation modernes, comme ceux de DUCO, disposent souvent d'un mode absence.
Il est important de noter que l'air extérieur plus froid en hiver pénètre dans l'habitation avec une VMC simple flux. Cet effet est réduit par une ventilation à la demande (capteurs CO2/humidité) ou une ventilation zonale. Les systèmes double flux, en plus d'extraire l'air, en font entrer, et peuvent intégrer une récupération de chaleur. Des solutions comme le refroidissement nocturne ou une protection solaire efficace peuvent aussi limiter la chaleur intérieure en été.
Le choix du bon système de ventilation dépend de votre logement et de vos besoins. En cas de ventilation médiocre ou insuffisante, il est conseillé d'évaluer votre situation et de choisir le système approprié. Nous pouvons vous aider dans cette démarche.
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