Le secteur de la climatisation, en pleine expansion face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents et intenses, représente un enjeu environnemental et énergétique majeur. Le dispositif des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), piloté en France par des acteurs clés comme l'ADEME, la DGEC et l'ATEE, offre un cadre structuré pour encourager les opérations d'économies d'énergie, y compris celles liées à la climatisation. Cet article explore en détail les opérations standardisées relatives à la climatisation, leur cadre réglementaire, les fiches associées, ainsi que les enjeux liés à l'utilisation de ces équipements.

Les opérations standardisées d'économies d'énergie sont des actions couramment réalisées et pour lesquelles une valeur forfaitaire de certificats d'économies d'énergie (CEE) a été définie. Leur objectif est de simplifier et de promouvoir les démarches d'efficacité énergétique. Ces opérations sont élaborées par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), l’ADEME (Agence de la transition écologique) et l’Association Technique Énergie et Environnement (ATEE). Elles font l’objet de fiches publiées par arrêté ministériel au Journal Officiel, après consultation du Conseil supérieur de l’énergie.
L'arrêté du 22 décembre 2014, publié au Journal Officiel le 24 décembre 2014, constitue le catalogue initial des fiches d’opérations standardisées en vigueur. Ce catalogue a depuis été enrichi par de nombreux arrêtés ministériels subséquents, reflétant les évolutions technologiques et réglementaires.
Les fiches d'opérations standardisées sont classées par secteur : agriculture, résidentiel, tertiaire, industrie, réseaux et transport. Elles définissent les exigences requises pour la délivrance de certificats et les montants forfaitaires d'économies d'énergie associés, exprimés en kWh cumac (kilowattheures cumulés actualisés).
À défaut de mention spécifique, ces fiches s'appliquent à l'ensemble du territoire national. Toutefois, certaines fiches sont spécifiques à la France métropolitaine ou à la France d'outre-mer. Il est important de noter que les fiches d'opérations standardisées sont applicables tant pour l'obtention de CEE classiques que pour l'obtention de CEE liés à la précarité énergétique.
La création et la révision des fiches d'opérations standardisées suivent un processus rigoureux visant à assurer leur pertinence, leur solidité juridique et leur bonne compréhension par tous les acteurs du dispositif. Ce processus, piloté par l'ATEE en partenariat avec l'ADEME et validé par la DGEC, comprend plusieurs phases :
Ces fiches sont révisées périodiquement, notamment pour se conformer aux directives européennes comme la directive 2012/27/UE relative à l'efficacité énergétique. Cette révision prend en compte les évolutions technologiques et de marché, ainsi que les réglementations d'écoconception des produits liés à l'énergie (directive 2009/125/CE). L'harmonisation des critères avec d'autres dispositifs publics, tels que le crédit d'impôt pour la transition énergétique et l'éco-prêt à taux zéro, est également une priorité.

Le catalogue des fiches d'opérations standardisées CEE comporte un nombre conséquent de fiches réparties dans les différents secteurs. Bien que le terme "climatisation" ne soit pas explicitement le titre de toutes les fiches, de nombreuses opérations relatives à l'amélioration de l'efficacité énergétique des systèmes de production de froid, ainsi qu'à l'isolation et à la ventilation, sont directement ou indirectement liées à la climatisation.
Il est à noter que certaines fiches relatives à l'installation de systèmes de chauffage "fossile" ont été supprimées du catalogue résidentiel (BAR-TH-106, BAR-TH-107, BAR-TH-107-SE, BAR-TH-150, BAR-TH-167) et tertiaire (BAT-TH-102, BAT-TH-140 et BAT-TH-141), reflétant une volonté de favoriser les solutions plus sobres en énergie.
Le secteur "Agriculture" compte 28 fiches, le secteur "Résidentiel" 56 fiches, le secteur "Tertiaire" 53 fiches, le secteur "Industrie" 36 fiches, le secteur "Réseau" 7 fiches et le secteur "Transport" 42 fiches. Chaque fiche décrit une opération spécifique et précise les exigences techniques et les économies d'énergie associées.
Les forfaits des fiches peuvent parfois dépendre de la zone climatique dans laquelle se situe le bâtiment rénové. La France d'outre-mer, hors Saint-Pierre-et-Miquelon, relève de la zone climatique H3, tandis que Saint-Pierre-et-Miquelon relève de la zone H1. La France métropolitaine est divisée en plusieurs zones climatiques (de H1 à H3).
Face à l'augmentation des températures estivales, de nombreux foyers et entreprises se tournent vers la climatisation pour assurer un confort thermique. Cependant, il est crucial de bien comprendre les différents types d'appareils disponibles, leurs performances énergétiques et leurs impacts environnementaux.
Il est important de distinguer la "climatisation", qui maintient la température de l'air dans des limites données, du simple "rafraîchissement", qui consiste en un refroidissement modéré et non contrôlé de l'air.
Les appareils appelés "climatiseurs mobiles" ne sont pas à proprement parler des appareils de climatisation efficaces. Pour évacuer l'air chaud via une gaine (monobloc) ou des tubes (split), il est nécessaire de laisser une fenêtre ou une porte entrebâillée, ce qui annule une partie de l'effet de refroidissement et augmente la consommation d'énergie. Ces appareils, souvent achetés dans l'urgence, peuvent consommer bien plus d'énergie que prévu et ne pas offrir le confort attendu. Les systèmes les moins efficaces sont ceux qui consomment le plus d'électricité. Par exemple, l'utilisation d'un climatiseur mobile monobloc pour rafraîchir une pièce de 25 m² peut coûter environ 30 € pour 12 heures d'utilisation quotidienne pendant deux semaines, alors qu'un climatiseur split fixe coûte environ 45 € sur la période estivale (juin à septembre). À titre de comparaison, un ventilateur consomme très peu d'électricité et coûte moins de 1 € pour la même période d'utilisation.
L'étiquette énergie, obligatoire sur tous les appareils de climatisation, est un indicateur clé pour choisir un équipement performant. Les classes A+++ sont les plus économes, tandis que les classes A sont les moins performantes.
Certains climatiseurs individuels proposent une fonction "chauffage", soit parce qu'ils sont réversibles, soit parce qu'ils sont équipés de résistances chauffantes. Cependant, ils ne sont pas toujours adaptés aux besoins de chauffage hivernal.

Les systèmes de climatisation utilisent des fluides frigorigènes, qui sont de puissants gaz à effet de serre (GES) et donc nocifs pour l'environnement. Il est impératif de prendre des mesures pour éviter toute fuite dans l'atmosphère.
Les évolutions réglementaires, comme le décret n°2011-396 du 13 avril 2011, visent à contrôler les substances appauvrissant la couche d'ozone et certains gaz à effet de serre fluorés. L'Observatoire des gaz fluorés, géré dans la base SYDEREP, permet aux professionnels de saisir leurs données pour contrôler les quantités mises sur le marché, utilisées, récupérées et détruites de ces gaz.
La multiplication des épisodes caniculaires a entraîné un essor considérable des marchés des équipements de climatisation, et par conséquent, une augmentation des taux d'équipement des ménages et des entreprises. La climatisation pèse désormais de manière significative dans les consommations d'énergie nationales et dans les émissions de CO2.
En 2020, l'enquête réalisée par l'ADEME a constaté un taux d'équipement des ménages en climatiseurs de 25 %. Dans le secteur tertiaire, toutes activités confondues, la proportion de surfaces climatisées est estimée à 40 %, avec des variations notables selon les secteurs.
Cet essor s'accompagne de la montée de la problématique de son impact environnemental. Les équipements de climatisation agissent sur le climat à travers leurs consommations énergétiques et les émissions de GES des fluides frigorigènes.
Dans un contexte d'urgence climatique et de hausse des prix de l'énergie, limiter les consommations d'électricité est essentiel. La climatisation consomme beaucoup plus d'énergie qu'on ne le croit. La généralisation de son usage pourrait engendrer des pics de consommation en été, augmentant les risques de pénurie d'électricité, notamment pendant les périodes où une grande partie des centrales nucléaires sont en maintenance, et où les sécheresses affectent la production hydroélectrique.
Les évolutions technologiques permettent d'envisager une amélioration du bilan environnemental des équipements de climatisation. Cependant, la prise de conscience des utilisateurs et leur adhésion à un usage raisonné des systèmes constituent une priorité indéniable pour les années à venir. Explorer toutes les solutions alternatives pour préserver la fraîcheur dans son logement en été, avant de recourir à la climatisation, est une démarche essentielle.

Avant de se tourner vers la climatisation, il est judicieux d'explorer des solutions alternatives permettant de maintenir un environnement intérieur agréable pendant les périodes de chaleur, tout en limitant la consommation d'énergie.
En adoptant une approche globale et en combinant ces différentes stratégies, il est possible d'améliorer significativement le confort thermique de son logement en été, tout en réduisant son impact environnemental et sa facture énergétique. Le dispositif CEE encourage d'ailleurs de nombreuses opérations d'isolation et de rénovation performante qui contribuent indirectement à réduire le besoin de climatisation.
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