Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est devenu un outil essentiel pour évaluer la consommation énergétique et l'impact environnemental d'un logement. Une mauvaise note, souvent attribuée aux logements mal isolés et aux systèmes de chauffage obsolètes, peut devenir un frein à la vente ou à la location. Pour les logements chauffés à l'électricité, améliorer le DPE peut sembler complexe, mais plusieurs solutions existent, notamment en matière de choix de radiateurs. Comprendre les principes de transmission de la chaleur est une première étape indispensable avant d'envisager tout changement.
Avant de changer de "race" de radiateur, il faut déjà comprendre comment fonctionne la transmission de la chaleur. Deux mécanismes principaux sont à l'œuvre : les courants de convection et le rayonnement.
Les courants de convection se produisent lorsque l'air, au contact d'une paroi chaude, monte en température. Devenu "plus léger" que l'air froid, il s'élève par convection naturelle. Cet air chaud transmet ensuite sa chaleur en venant "lécher" les parois plus froides que lui. Lorsque le chauffage est en fonctionnement, ce déplacement d'air se répète indéfiniment, réchauffant progressivement l'air ambiant.
Le rayonnement, quant à lui, est le phénomène par lequel le corps le plus chaud transmet directement sa chaleur par rayonnement aux surfaces de corps plus froids. Il est important de noter que le rayonnement ne chauffe pas l'air directement. Ce sont les corps chauffés par rayonnement qui, à leur tour, réchauffent l'air par convection naturelle. Tous les corps émettent des rayonnements infrarouges ; celui qui est le plus chaud échange sa chaleur au profit de l'autre. La sensation de chaleur et le confort thermique découlent de ce principe. Une expérience intéressante réalisée au M.I.T. a démontré que l'introduction d'air chaud dans une pièce ne suffisait pas à procurer une sensation de confort si le rayonnement des parois était insuffisant. En effet, le refroidissement de l'air ne compense pas toujours l'apport de chaleur dû au rayonnement des parois vers les occupants.
Dans nos maisons, les radiateurs traditionnels, qu'ils soient alimentés par des chaudières ou des résistances électriques, transmettent la chaleur par convection et rayonnement. Ceux que nous avons dans nos maisons sont destinés à réchauffer l'air qui se trouve à proximité. Cependant, lorsque nous sommes dans un local chauffé, l'essentiel de la chaleur que nous recevons provient du rayonnement des parois. Le rayonnement produit directement par les radiateurs chauffe les masses qui se trouvent en façade. Les personnes qui souhaitent recevoir un rayonnement direct plus puissant que celui des murs ont tendance à se placer devant ces sources de chaleur.
Nous avons vu que la chaleur que nous recevons vient principalement des murs et autres parois. Le confort thermique d'une maison dépend donc grandement de l'isolation de ses parois et de ses fenêtres. La résistance thermique de conduction entre l'air extérieur et l'air intérieur est directement liée à l'isolation des parois.
Une maison très bien isolée présente une résistance thermique de l'ordre de 3 m²/K/W, soit un rapport 10 avec une maison non isolée. Dans une maison bien isolée, un air extérieur à -10°C et un air intérieur à 20°C procurent un bon confort thermique, les surfaces de parois étant en moyenne à 19°C. En revanche, dans une maison non isolée, pour obtenir le même confort thermique, il faudrait chauffer l'air intérieur à 29°C pour que les parois atteignent 19°C. Dans une maison bien isolée, le passage devant une fenêtre ou un mur mal isolé provoque une sensation de froid due au manque de rayonnement.

Même si un logement est chauffé à l'électricité, il existe des solutions pour augmenter sa performance énergétique, et cela ne concerne pas uniquement le mode de chauffage.
Si ce n'est pas déjà fait, il est primordial de demander un audit énergétique (souvent intégré au DPE) pour identifier tous les points améliorables et définir la meilleure stratégie de travaux. Les travaux de rénovation énergétique coûtent cher, il est donc préférable de bien les préparer. Le graphique présenté dans le DPE met en évidence les zones où les déperditions de chaleur sont les plus importantes (toiture ou plafond, murs, portes et fenêtres, plancher bas, ventilation, etc.). La page 3 du DPE détaille la répartition des dépenses en pourcentages attribuées au chauffage, à l'eau chaude sanitaire, à l'éclairage, à la climatisation, etc. Ces informations constituent la base de la réflexion et permettent de fixer les priorités.
Souvent, l'isolation est le point faible à l'origine de la majorité des pertes thermiques d'un logement. Plus d'un tiers des déperditions totales d'un bâtiment concernent la toiture et les murs. Il est donc conseillé, lorsque c'est possible, d'ajouter une couche d'isolant dans les combles ou sous toiture. Ensuite, que ce soit une maison ou un appartement, les murs donnant sur l'extérieur doivent être isolés. En maison, une isolation par l'extérieur peut être envisagée ; en appartement, la solution la plus fréquente consiste à doubler les murs du côté intérieur. Ces travaux, même s'ils entraînent une légère perte de surface habitable, permettent de gagner rapidement une ou deux lettres sur le DPE, faisant basculer une "passoire thermique" notée F ou G vers un logement étiqueté E ou mieux. Le remplacement des menuiseries (portes et fenêtres) doit également être étudié, bien que son efficacité sur le résultat du DPE soit souvent limitée, sauf en présence de grandes surfaces vitrées.
Si l'électricité reste la seule option de chauffage possible, il est judicieux de remplacer les vieux radiateurs par des modèles plus récents. Les radiateurs à inertie et programmables, dotés idéalement de capteurs de présence et de détection de fenêtre ouverte, offrent un meilleur rendement. Une installation bien dimensionnée est également cruciale pour un rendement optimal.
Le convecteur électrique, option la plus basique et économique à l'achat, est aussi le plus énergivore. Il chauffe l'air ambiant, procurant une sensation de chaleur rapide mais peu homogène, et refroidit immédiatement après l'arrêt, engendrant une surconsommation.
Les panneaux rayonnants offrent un confort thermique supérieur en chauffant à la fois l'air et les surfaces. Leur chaleur est plus agréable et mieux répartie, bien qu'ils restent énergivores s'ils ne sont pas couplés à un thermostat performant.
Les radiateurs à inertie sont la solution privilégiée pour améliorer son DPE. Ils existent sous deux formes principales :
Le radiateur à accumulation est la solution la plus performante pour optimiser la consommation d'électricité, notamment en profitant des tarifs heures creuses. Il emmagasine la chaleur durant les périodes de faible demande énergétique et la restitue progressivement. Son coût d'achat est plus élevé, mais il permet des économies significatives sur le long terme.

Le choix d'un radiateur électrique doit répondre à plusieurs critères : la taille de la pièce, la fréquence d'utilisation et le niveau de confort recherché. Pour une petite surface ou un chauffage d'appoint, les panneaux rayonnants peuvent être privilégiés pour leur rapidité de chauffe. Pour un chauffage principal dans une grande pièce, les radiateurs à inertie sont les plus recommandés pour leur diffusion lente et constante de la chaleur.
Lorsqu'il est indépendant, le système de production d'eau chaude sanitaire est un consommateur d'énergie important. Le ballon d'eau chaude électrique, surtout s'il est surdimensionné, est en bas du classement en termes d'efficacité. À l'inverse, le chauffe-eau solaire individuel ou le chauffe-eau thermodynamique obtiennent les meilleures notes, mais leur installation n'est pas toujours possible.
Une bonne ventilation est essentielle pour le confort thermique. Bien que l'on ait tendance à vouloir calfeutrer les logements pour éviter les pertes de chaleur, il est impératif d'installer un système de ventilation pour lutter contre la condensation. Chauffer un air humide demande plus d'énergie qu'un air sec. La ventilation automatique à double flux est considérée comme le meilleur système actuel. Pour améliorer encore la note DPE, on peut coupler ce système avec des capteurs d'hygrométrie ou de présence.
L'impact de l'éclairage sur le DPE est moindre que les points précédents, mais il ne doit pas être négligé, surtout si les ampoules sont d'anciennes générations. Le passage aux LED permet de réduire significativement la consommation.
Bien que les radiateurs électriques nouvelle génération soient plus performants, ils restent plus gourmands en consommation par rapport à d'autres systèmes. Si l'objectif est de réduire sa facture énergétique tout en adoptant une solution plus écologique, plusieurs alternatives existent :
La pompe à chaleur (PAC) : C'est aujourd'hui l'une des meilleures solutions pour remplacer un chauffage électrique énergivore. Son fonctionnement repose sur la récupération des calories présentes dans l'air extérieur (PAC air-air ou air-eau) ou dans le sol (PAC géothermique) pour chauffer le logement. Grâce à son coefficient de performance (COP) élevé, une PAC consomme 3 à 4 fois moins d'électricité qu'un radiateur électrique pour produire la même quantité de chaleur. Les PAC air-eau sont particulièrement recommandées pour les logements spacieux et éligibles à des aides financières comme MaPrimeRénov'.
Le poêle à granulés : Fonctionnant avec des pellets (granulés de bois compressés), ce type de chauffage utilise une énergie renouvelable. Il présente un excellent rendement énergétique, un combustible moins coûteux que l'électricité et une empreinte carbone réduite. Il peut servir de chauffage principal dans des logements bien isolés ou d'appoint. Il est également éligible à plusieurs aides financières.
Les radiateurs électriques nouvelle génération se distinguent par leurs technologies innovantes qui améliorent leur efficacité énergétique et le confort thermique.

Pour optimiser son DPE, le choix d'un radiateur à inertie, de préférence certifié NF Électricité Performance et équipé de fonctionnalités intelligentes, est fortement recommandé.
Le chauffage électrique, contrairement au fioul ou au gaz, n'émet pas de gaz à effet de serre. De plus, l'électricité française provient majoritairement de sources non fossiles (nucléaire, énergies renouvelables). En 2022, la production d'électricité en France se répartissait comme suit : Nucléaire : 66,6 % ; Charbon : 4,9 % ; Gaz : 13,7 % ; Pétrole : 0,7 % ; Autres fossiles : 0,4 % ; Hydraulique : 6 % ; Autres énergies renouvelables : 7,7 %. Le DPE prend en compte les émissions de gaz à effet de serre, ce qui peut favoriser le chauffage électrique bien choisi par rapport à d'autres énergies.
Le remplacement d'anciens convecteurs par des radiateurs électriques à chaleur douce (à inertie) ou des rayonnants innovants peut contribuer à réduire les dépenses énergétiques et à améliorer la note DPE. Le radiateur à inertie, en produisant de la chaleur et en la stockant pour la retransmettre progressivement, offre un confort supérieur au convecteur classique qui chauffe par à-coups et ne stocke pas la chaleur.
Le décret n°2021-872 du 30 juin 2021 précise les éléments pris en compte dans le diagnostic de performance énergétique, notamment les caractéristiques du bâtiment, la description des équipements de chauffage, la quantité annuelle d'énergie consommée, les émissions de gaz à effet de serre, et les recommandations d'amélioration.
En conclusion, l'amélioration du DPE d'un logement équipé de radiateurs électriques passe par une approche globale : une isolation performante, le choix de radiateurs électriques nouvelle génération à inertie, et éventuellement l'installation de systèmes de production d'eau chaude plus efficaces et d'une ventilation adéquate. Le radiateur à inertie, grâce à sa capacité à stocker et diffuser la chaleur, représente un excellent compromis entre confort thermique, efficacité énergétique et amélioration du DPE, surtout lorsqu'il est couplé à des fonctionnalités intelligentes et une programmation adaptée.
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