Une légère humidité constante dans une maison, particulièrement dans celles construites avant les normes modernes, peut rapidement devenir une source de préoccupation majeure. Les murs en parpaing, couramment utilisés dans les constructions des années 50, bien que robustes, présentent une porosité qui peut faciliter la pénétration de l'eau et de l'humidité. Comprendre l'origine de cette humidité, qu'elle soit due à des remontées capillaires, des infiltrations, ou une mauvaise ventilation, est la première étape cruciale pour y remédier. Les solutions varient, allant de l'amélioration de la ventilation à des traitements plus complexes comme l'injection de résines ou la mise en place d'une isolation thermique par l'extérieur (ITE).

Le parpaing, matériau de construction largement répandu, est intrinsèquement poreux. Cette porosité, bien que permettant une certaine "respiration" du mur, le rend également vulnérable à l'absorption d'eau. Dans une maison des années 50, le système constructif est souvent en parpaing, mais sans les dispositifs modernes tels que le drain périphérique. Cette absence peut faciliter la remontée d'humidité depuis le sol par capillarité, un phénomène où l'eau est aspirée à travers les pores du matériau.
L'humidité constante observée peut se manifester de diverses manières :
Les causes profondes peuvent être multiples et souvent interconnectées. Les mouvements de terrain, la dilatation ou la rétractation des matériaux de construction, ou encore l'utilisation de revêtements inappropriés, comme des enduits trop cimentés sur d'anciens murs, peuvent créer des fissures. Ces fissures, qu'elles soient superficielles ou traversantes, deviennent des portes d'entrée pour l'eau.
De plus, un défaut d'étanchéité, qu'il soit dû à l'usure du temps ou à une malfaçon, peut concerner différents éléments de l'enveloppe du bâtiment : la toiture, les terrasses, les balcons, le sol, la façade, les fondations ou les huisseries. Les jonctions entre ces éléments sont particulièrement sensibles.
Dans le cas spécifique des maisons anciennes, l'absence d'étanchéité au niveau des fondations est une cause fréquente de remontées d'humidité par capillarité. L'eau présente dans le sol s'infiltre alors dans les murs. Les dégâts des eaux, qu'il s'agisse d'inondations ou de ruptures de canalisation, sont également des sources directes d'infiltration.
Enfin, certains facteurs climatiques peuvent aggraver la situation. La pluie sature les surfaces poreuses non protégées, la neige fondue s'infiltre, la grêle peut endommager des éléments ou boucher des évacuations, et le vent peut pousser l'eau dans les fissures existantes.

Face à une humidité persistante, un diagnostic précis est indispensable. Visuellement, l'humidité se manifeste souvent par des traces au bas des parois, sur une hauteur variable, particulièrement sur les murs de refend non doublés. Les murs qui ont bénéficié d'une isolation intérieure (ITI) n'en présentent généralement aucune trace, ce qui suggère un lien avec la température des parois.
L'hygrométrie intérieure est un indicateur clé. Un taux d'humidité relative de 73% est élevé et nécessite une mesure simultanée de la température pour une interprétation correcte. Le couple température-humidité relative permet de déterminer la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air.
Pour une mesure plus précise, un professionnel peut prélever un échantillon de maçonnerie pour réaliser un test à la "bombe à carbure" (hydrolyse du carbure de calcium). Ce procédé mesure le taux d'humidité du matériau en quantifiant les gaz générés lors du mélange avec du carbure de calcium.
Il est essentiel de distinguer les différentes origines de l'humidité :

L'hésitation à mettre en place une Isolation Thermique par l'Extérieur (ITE) est compréhensible, surtout lorsque la source exacte de l'humidité n'est pas clairement identifiée. L'ITE présente cependant des avantages considérables pour les maisons anciennes présentant des problèmes d'humidité.
En hiver, une ITE permet de réchauffer significativement les parois. Avec des murs plus chauds, les risques de condensation diminuent drastiquement. En enveloppant la structure existante, l'ITE crée une barrière protectrice qui limite les échanges thermiques avec l'extérieur et réduit les ponts thermiques, souvent responsables de la condensation.
De plus, l'ITE peut contribuer à améliorer l'étanchéité extérieure de la maison, en traitant d'éventuels défauts de façade. Si l'humidité provient d'infiltrations extérieures, l'ITE, en rénovant l'étanchéité, peut potentiellement enrayer le problème à la source.
Cependant, la question de savoir si les murs en parpaing "doivent respirer" comme la pierre est pertinente. Si l'ITE rénove l'étanchéité extérieure, il est crucial que la gestion de l'humidité interne soit également prise en compte. Une ITE bien conçue doit permettre une évacuation de l'humidité résiduelle ou générée à l'intérieur.
Le système de ventilation joue un rôle primordial. Une ventilation double flux, prévue dans ce cas, permet de récupérer la chaleur de l'air vicié évacué et de préchauffer l'air neuf entrant. Elle est conçue pour renouveler l'air sans créer de déperditions thermiques importantes. Cependant, le débat sur l'impact de l'ITE sur la condensation intérieure reste ouvert. L'idée que le réchauffement des parois par l'ITE pourrait entraîner une condensation accrue à l'intérieur ou dans la paroi elle-même mérite d'être examinée. L'humidité absolue de l'air intérieur et extérieur, ainsi que le point de rosée, sont des facteurs déterminants. Si l'humidité absolue de l'air extérieur est supérieure à celle de l'air intérieur, il est conseillé de ne pas ventiler excessivement.
L'ITE, en réchauffant les parois, peut modifier le point de rosée à l'intérieur du mur. Si la vapeur d'eau contenue dans l'air intérieur atteint cette surface plus chaude, elle peut se condenser. Il est donc impératif que l'ITE soit associée à une ventilation efficace pour évacuer l'humidité générée par les activités domestiques.
Lorsque le diagnostic pointe vers des remontées capillaires ou des infiltrations, des solutions spécifiques doivent être mises en œuvre.
Pour traiter l'humidité ascensionnelle, qui est une forme d'humidité provenant des sols et se propageant par capillarité, plusieurs méthodes existent. Les constructions récentes intègrent des systèmes d'étanchéité, comme une arase bitumineuse, entre les fondations et la première rangée de maçonnerie pour bloquer cette ascension.
Pour les maisons existantes, le procédé d'injection de produits hydrophobes est l'une des solutions les plus efficaces. Cette technique vise à recréer une barrière étanche entre les fondations et le mur. Le produit, injecté sous forme liquide ou crème, se diffuse dans la maçonnerie et, au contact de l'humidité, forme une barrière étanche par cristallisation, empêchant toute remontée future. Il est crucial de respecter les quantités préconisées par les fabricants et de faire appel à un professionnel qualifié.
D'autres méthodes incluent :
Il est fortement recommandé de faire établir un diagnostic par un expert indépendant avant de choisir et de mettre en œuvre un traitement.
Les infiltrations d'eau peuvent provenir de diverses sources :
Dans le cas d'une fissure sur un mur en parpaing, il est possible d'appliquer temporairement du ciment ou un mélange de chaux et de ciment, en veillant à la compatibilité avec le futur ravalement de façade. Pour protéger un mur de parpaing de la pluie, une imperméabilisation avec un produit hydrofuge qui laisse le mur respirer est préconisée.
Pour les sous-sols, l'ajout de membranes de bitume modifié autocollantes ou l'utilisation d'époxy ou d'uréthane pour colmater les fissures sont des solutions.

Au-delà des traitements structurels, la gestion de l'humidité intérieure est fondamentale. Une ventilation adéquate est la première ligne de défense. Les VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) jouent un rôle essentiel :
Bien entretenues, ces VMC permettent d'évacuer l'humidité contenue dans l'air. L'humidité relative seule est inexploitable ; il faut la corréler à la température.
L'idée d'utiliser des matériaux régulateurs d'hygrométrie, comme le bois, est également évoquée. Le lambris en sapin du nord, par exemple, est réputé pour sa capacité à réguler l'humidité ambiante, notamment dans les salles de bain. Le bois, par sa faible conductivité thermique et sa faible masse, agit sur l'effet paroi. Si son rôle dans la régulation de l'hygrométrie est indéniable, il est important de noter que le bois peut aussi être sensible à l'humidité s'il n'est pas correctement traité ou si l'humidité ambiante est excessive.
La condensation sur un miroir, par exemple, dépend de la température du miroir et de la température et de l'hygrométrie de l'air. L'augmentation de la température de l'air peut augmenter le point de saturation, et donc l'humidité absolue, si l'air n'est pas renouvelé.
En résumé, une approche globale, combinant un diagnostic précis des causes de l'humidité, des traitements adaptés aux pathologies identifiées, et une gestion rigoureuse de la ventilation et de l'hygrométrie intérieure, est la clé pour préserver l'intégrité de votre maison des années 50 et assurer un environnement sain.