La prévention et la détection précoce des incendies sont des enjeux majeurs dans de nombreux environnements, qu'il s'agisse d'industries à haut risque, d'espaces publics ou de logements privés. Parmi les technologies de pointe développées à cet effet, le détecteur optique thermique se distingue par sa capacité à combiner plusieurs modes de détection pour une réactivité et une fiabilité accrues. Ce type de dispositif, essentiel dans la lutte contre les départs de feu, repose sur des principes physiques précis pour identifier les signes avant-coureurs d'un embrasement et alerter rapidement.
Le détecteur optique de flamme, dont le nom commun reflète sa fonction principale, est conçu pour réagir aux rayonnements émis par tous types de flammes. Son élaboration vise à prévenir très rapidement un départ de feu en quelques dizaines de millisecondes. Pour ce faire, il est composé de capteurs travaillant dans les rayonnements invisibles à l'œil nu, à savoir l'ultraviolet (UV) ou l'infrarouge (IR). Ces technologies permettent de capter les signatures énergétiques spécifiques des flammes, souvent avant même que la fumée ou la chaleur ne soient détectables par des moyens plus conventionnels.
Les détecteurs optiques de flamme trouvent leur application privilégiée dans les environnements industriels à hauts risques. On les retrouve notamment dans les raffineries, les stockages pétroliers, les plateformes offshore, les imprimeries, ainsi que dans toutes les zones classées dites ATEX (atmosphères explosives). La nature des combustibles présents dans ces sites justifie le recours à des technologies de détection particulièrement performantes. Ces dispositifs de prévention de départs de feux sont particulièrement adaptés pour les feux d'hydrocarbures (essence, gazole, kérosène), de méthane, de GPL, d'hydrogène, de polypropylène, mais aussi de papier, d'où leur utilisation fréquente dans les imprimeries. La diversité des matériaux inflammables implique une adaptation des technologies de détection. Pour la plupart des feux, on s'orientera vers une technologie IR4, considérée comme la plus performante, ou IR3, légèrement moins onéreuse pour des performances très voisines. Pour les feux d'hydrogène, spécifiquement, on privilégiera une technologie UV/IR, qui combine un capteur ultraviolet et un capteur infrarouge pour une détection optimale de ce type de combustion.

Au-delà de la détection des flammes par rayonnement, les détecteurs optiques thermiques intègrent une composante thermique pour une couverture encore plus complète. Le détecteur optique et thermique, tel que celui proposé par Honeywell, combine ainsi deux technologies pour une détection rapide et fiable des incendies. L'analyse des particules de fumée est renforcée par la surveillance de la température, ce qui permet de réagir aussi bien face aux feux couvants que aux départs de flammes soudains. Cette approche hybride est cruciale pour adresser la variété des scénarios d'incendie.
Le détecteur optique et thermique Honeywell est conçu pour offrir une protection fiable contre les incendies en combinant deux modes de détection complémentaires. La partie optique permet d’identifier rapidement la présence de fumée, tandis que la partie thermique surveille toute élévation anormale de température. Cette double technologie garantit une détection plus précise, limite les risques de fausses alarmes et assure une réaction rapide face à différents types de feux.
Un exemple concret de cette technologie est le détecteur de fumée biotechnologie optique et thermique CAP 312. Son élément sensible est constitué d'une chambre optique utilisant l'effet Tyndall. Un flux lumineux dont la longueur d'onde se situe dans les infrarouges permet de détecter l'introduction de fines particules issues d'un foyer dans la chambre d'analyse. La disposition de l'émetteur et du récepteur est astucieusement conçue : ils ne sont pas en vis-à-vis direct. Seules les réflexions du signal lumineux, provoquées par les particules de fumée, sont prises en compte. La chambre est étanche à la lumière extérieure, afin d'éviter toute interférence qui pourrait parasiter le détecteur. Le flux lumineux renvoyé par les particules de fumée vers le récepteur infrarouge est amplifié et analysé en permanence. Lorsque la quantité de lumière reçue dépasse un seuil prédéterminé, le détecteur passe en état d'alarme.
La fonction de détection de chaleur est assurée par une sonde thermique qui mesure en permanence la température ambiante. Le détecteur traite cette information de température de deux manières simultanées :
La sonde de température est constituée d'une thermistance à coefficient de température négatif (CTN) à très faible inertie thermique, permettant une mesure suffisamment rapide en cas d'élévation rapide de la température.

Les caractéristiques techniques de ces détecteurs sont finement ajustées pour garantir leur efficacité et leur intégration dans divers systèmes. Par exemple, le détecteur CAP 312 présente des dimensions de ø 105 mm x H sur socle 50 mm, avec un socle de ø 110 mm x H 18 mm. Son poids avec socle est de 130g, et il bénéficie d'un indice de protection IP32 / IK07, le protégeant contre les poussières et les chocs modérés. La matière du détecteur est de l'ABS injecté blanc, et le socle de raccordement est de référence S100. L'alimentation se fait généralement en 12 Vcc par le bus de l'ECS (système de contrôle d'établissement). La consommation est très faible en veille (< 100 μA) et augmente en alarme (< 5 mA). Les conditions d'utilisation s'étendent de - 10°C à + 60°C, avec une humidité relative de 95 %.
Selon la norme EN 54-5 : 2000, ce type de détecteur est classé en classe A1R. La température typique d'application se situe autour de 25°C, avec une température maximale d'application de 50°C. La température statique de réponse est de 60°C. Le temps de stabilisation avant que le détecteur soit pleinement opérationnel en mode thermovélocimétrique varie : il est de 3 minutes 20 secondes pour les vitesses d'élévation de température supérieures ou égales à 10°C/min, et de 40 minutes pour les vitesses d'élévation de température inférieures à 10°C/min. Ces précisions témoignent de la sophistication des algorithmes de détection.
Nos détecteurs tiennent compte des phénomènes détectés, des perturbations auxquelles ils sont soumis, et leur positionnement correspond au besoin spécifique du lieu où ils sont installés. Le détecteur optique de fumée, par exemple, est constitué d'une chambre d'analyse sombre, d'une diode émettrice de lumière et d'un capteur photoélectrique. Les particules de fumée présentes dans la chambre réfléchissent la lumière (effet Tyndall), qui parvient jusqu'au capteur photoélectrique, déclenchant ainsi l'alarme feu. Le détecteur thermostatique, quant à lui, détecte un seuil de température. Il est équipé d'un composant électronique spécifique (CTN ou CTP) et est calibré pour se déclencher à une certaine température. Chaque technologie est disponible pour des centrales adressables ou conventionnelles, et nos détecteurs sont associés à nos centrales afin de garantir un fonctionnement optimal.
Le marché propose une large gamme de détecteurs adaptés à des contextes variés. La gamme domestique inclut les détecteurs autonomes avertisseurs de fumées (DAAF) et les détecteurs de monoxyde de carbone. Les DAAF sont parmi les moyens les plus fiables et abordables pour signaler un départ de feu dans un logement. Le détecteur de fumée est constitué d'une cellule photoélectrique émettant un rayon lumineux vers une cible. Lorsque la fumée monte au plafond et pénètre dans l'appareil, elle cause la diffraction de la lumière, déclenchant l'alarme. Pour prévenir l'intoxication au monoxyde de carbone, il est essentiel de s'équiper d'un détecteur de monoxyde de carbone (DAACO), seul capable de détecter ce gaz incolore, inodore et non irritant. Ces détecteurs sont dotés d'une cellule électrochimique réagissant au contact du monoxyde de carbone. Lorsque la concentration de monoxyde de carbone dans l'air dépasse un seuil déterminé durant un temps prédéfini, l'alarme est déclenchée.
Certaines gammes, comme la C.SCAN+ d'Eaton, intègrent des fonctionnalités d'adaptation à leur environnement. Elles analysent l'information et s'adaptent pour maintenir leurs performances. Un indicateur multifonctions délivre un message clair pour une exploitation précise : rouge pour l'alarme, jaune pour le défaut du détecteur. La gamme CSCAN+ permet d'atteindre un niveau de service inégalé. D'autres gammes, comme la R.Scan+, mettent l'accent sur la souplesse d'installation avec une portée en champ libre étendue, idéale pour les architectures exigeantes. Ces installations radio allient souplesse et sécurité.
Le détecteur linéaire de fumée est spécifiquement conçu pour la protection de grands espaces, permettant d'atteindre les objectifs de performance dans des volumes importants. Il est important de noter l'évolution réglementaire : depuis le 5 décembre 2021, l'utilisation des détecteurs ioniques (DFCI) est interdite en France, suite à l'échéance de l'arrêté du 18 novembre 2011. Les détenteurs de détecteurs ioniques sont désormais en situation irrégulière.
Pour vérifier le bon fonctionnement d'un DAAF, il suffit d'appuyer une fois par mois sur le bouton TEST. Le DAAF doit être propre et exempt de poussières. L'installation d'un DAAF est obligatoire dans les logements et doit être assurée par l'occupant. Il est également à vérifier lors de l'état des lieux pour les logements en location.
La distinction entre détecteur ionique et optique est fondamentale. Le détecteur ionique utilise le principe de ionisation de l'air. Le détecteur optique, quant à lui, repose sur l'effet Tyndall : une diode émet de la lumière dans une chambre de détection. Lorsque de la fumée ou de la vapeur est présente, la lumière est diffusée jusqu'à une cellule photoélectrique, ce qui est interprété comme une alarme incendie.
Il convient de placer au minimum un détecteur au voisinage des chambres (couloirs par exemple), en surveillant le chemin d'évacuation, car les chambres sont souvent les pièces les plus éloignées de la sortie. L'amélioration thermique de certains détecteurs permet d'élever le seuil d'alarme, contribuant à mieux rejeter les fausses alarmes. Ces détecteurs peuvent déclencher une alarme à des températures supérieures à 60ºC. L'option de détection de chaleur peut être configurée selon trois modes : deux modes thermiques à 77°C et 92°C, ainsi qu'une fonctionnalité thermovélocimétrique pour la détection de hausse rapide de température.
Eaton propose une large gamme de détecteurs pour les systèmes d'alarme incendie conventionnels, conçus pour répondre aux exigences de presque toutes les applications. Le détecteur de fumée optique, mode de détection le plus populaire, est adapté aux applications tertiaires, assurant une réactivité maximale en cas d'incendie à combustion lente ou de feux couvants dégageant de grosses particules de fumée visibles. Le détecteur photo-thermique réagit rapidement aux incendies à combustion propre et rapide. Tous les détecteurs de la gamme sont dotés de la technologie Light Pipe pour un indicateur LED 360°. L'angle de visibilité du boîtier standard est large pour mieux distinguer les voyants LED : rouge pour l'alarme, ambre pour une défaillance. La gamme de détecteurs conventionnels est conçue pour les environnements où les conditions ambiantes (poussière, vapeurs, fumée en temps normal) pourraient provoquer de fausses alertes avec des détecteurs de fumée classiques.
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