En France, la consommation énergétique du secteur résidentiel est dominée par le chauffage, représentant une part prépondérante des dépenses des ménages. En 2018, le gaz naturel et l'électricité constituaient les sources de chauffage principales pour le parc de résidences principales en France métropolitaine, avec respectivement 11,9 millions et 10,6 millions de logements chauffés, totalisant ainsi 78 % du parc. Parallèlement, 3,9 millions de logements, soit 13 %, recouraient à des dérivés du pétrole tels que le fioul domestique et le gaz de pétrole liquide. Ces différentes énergies de chauffage ne sont pas utilisées dans les mêmes proportions selon qu'il s'agisse d'un appartement ou d'une maison.
La typologie du logement influence significativement le choix de l'énergie de chauffage. Pour les 12,7 millions d'appartements, 52 % utilisent le gaz naturel, 33 % l'électricité et 10 % optent pour le chauffage urbain. Le reste de ces logements emploie des dérivés du pétrole. En revanche, parmi les 16 millions de maisons individuelles, 40 % font appel à l'électricité, 32 % au gaz naturel et 20 % utilisent des dérivés pétroliers. Cette distinction souligne l'importance de la taille, de la configuration et des contraintes d'installation propres à chaque type de logement dans la détermination des solutions de chauffage privilégiées.

L'énergie consommée dans le secteur résidentiel en 2018 était majoritairement allouée au chauffage, s'élevant à 282 térawattheures, ce qui représente 66 % de la consommation totale. L'électricité suivait avec 71 TWh (17 %), tandis que la production d'eau chaude sanitaire et la cuisson représentaient respectivement 11 % (48 TWh PCI - Pouvoir Calorifique Inférieur) et 6 % (23 TWh PCI). L'Agence de la Transition Écologique (ADEME) précise qu'en 2022, le chauffage représentait environ 66 % des dépenses énergétiques des ménages. Les maisons, de par leur surface généralement plus étendue et un nombre d'occupants potentiellement plus élevé, affichent une consommation de chauffage supérieure à celle des appartements.
L'ADEME indique qu'une maison présente une consommation moyenne de chauffage électrique de 4 312 kWh par an. Ce chiffre, bien que global, sert de référence. Pour mieux appréhender la consommation spécifique d'un logement, plusieurs facteurs entrent en jeu : la surface du logement, la qualité de son isolation et le type de système de chauffage utilisé.
La qualité de l'isolation est un déterminant crucial de la consommation énergétique. Une bonne isolation limite les déperditions thermiques, permettant ainsi de conserver la chaleur plus efficacement durant l'hiver. L'isolation d'un logement dépend en grande partie de son année de construction, corrélée aux réglementations thermiques successives. L'ADEME établit une distinction entre les maisons construites avant 1975, date de la première réglementation thermique (RT 1974), et celles bâties postérieurement.
En utilisant les données de l'ADEME, il est possible d'estimer la consommation d'une maison de 100 m². Une maison de cette taille, construite avant 1975, consomme approximativement 15 000 kWh d'électricité par an pour le chauffage, calculé sur la base de 150 kWh/m² (100 m² x 150 kWh/m² = 15 000 kWh). Les habitations plus récentes, soumises à des normes plus strictes, sont généralement moins énergivores.
Une fois la consommation annuelle déterminée, il est possible d'en évaluer l'impact sur la facture. En considérant un abonnement au tarif réglementé de vente (TRV) de l'électricité, le prix du kWh en option base était de 0,1740 € au 1er novembre 2022, selon la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Pour la maison de 100 m² construite avant 1975, la facture moyenne annuelle de chauffage électrique s'élèverait donc à 2 610 € (15 000 kWh x 0,1740 €/kWh = 2 610 €). Pour une maison de 200 m², la consommation annuelle de chauffage électrique pour un bâtiment antérieur à 1975 doublerait à 30 000 kWh, entraînant une facture de 5 220 €.
Il est important de noter que les données de la base carbone de l'ADEME fournissent des estimations, et que les réglementations thermiques ont continué d'évoluer entre 1975 et 2022, affinant ainsi les performances énergétiques des constructions.

Pour un calcul plus précis de la consommation électrique d'un logement, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) constitue un outil essentiel. Le DPE attribue une classe de consommation, allant de A (très performant) à G (très énergivore), matérialisée par une étiquette. Ce diagnostic immobilier est obligatoire et est fourni au propriétaire lors de la vente d'une maison.
Il est également possible de procéder à une estimation manuelle de la consommation de chauffage électrique en calculant la consommation de chaque radiateur. La consommation d'un radiateur dépend de sa puissance, exprimée en Watts (W) sur sa fiche technique. Pour obtenir la consommation en kilowattheures (kWh), il faut multiplier la puissance par le nombre d'heures d'utilisation et diviser par 1000. Par exemple, un radiateur de 1 200 W utilisé pendant une heure consomme 1,2 kWh (1 200 W x 1 h / 1000 = 1,2 kWh). La performance des radiateurs influe donc directement sur la consommation globale.
Plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre pour optimiser la consommation de chauffage électrique et réduire l'impact sur la facture.
Température de Consigne : Régler la température à un niveau adéquat est la première étape pour économiser l'électricité. Chauffer à la juste température permet de réduire significativement la consommation. L'ADEME recommande de viser une température de consigne raisonnable, adaptée à l'usage des pièces.
Gestion des Fenêtres et Volets : Les fenêtres représentent jusqu'à 15 % des déperditions thermiques. Pour conserver la chaleur, il est conseillé de fermer les volets la nuit.
Aération : Bien que les volets doivent être fermés la nuit, une aération quotidienne de la maison est nécessaire pour renouveler l'air. Un air sec est plus facile à chauffer, permettant aux radiateurs d'atteindre plus rapidement la température de consigne.
Mode Hors Gel : En cas d'absence prolongée, il est déconseillé d'éteindre complètement les radiateurs, surtout en hiver. Dans une maison mal isolée, cela peut entraîner un risque de gel des canalisations. Il est préférable d'activer le mode hors gel, qui maintient une température minimale pour prévenir ces dommages.
Radiateurs Connectés : Bien que leur coût d'achat soit plus élevé, les radiateurs électriques connectés permettent une meilleure maîtrise de la consommation. Ils peuvent être pilotés à distance, permettant d'adapter le chauffage à l'emploi du temps et aux besoins réels.
Panneaux Photovoltaïques : L'installation de panneaux photovoltaïques peut contribuer à réduire les dépenses de chauffage. Ces dispositifs produisent de l'électricité verte qui peut alimenter directement les radiateurs. En synchronisant la production photovoltaïque avec l'utilisation des radiateurs, il est possible de diminuer la dépendance au réseau électrique et d'améliorer le DPE du logement.
Au-delà des spécificités techniques du logement, d'autres éléments impactent la consommation de chauffage :
L'Enveloppe Thermique : Une enveloppe thermique de qualité réduit les déperditions thermiques, un ennemi majeur de l'efficacité énergétique des systèmes de chauffage.
La Puissance des Radiateurs : La puissance nécessaire est directement liée à la surface à chauffer. Des radiateurs plus puissants sont requis pour les grands volumes.
La Durée d'Utilisation et les Usages : Plus un appareil de chauffage est utilisé longtemps et dans des pièces de vie fréquemment occupées, plus la consommation sera élevée.
Les Conditions Climatiques et Géographiques : Le climat joue un rôle prépondérant. Les régions du nord de la France, plus froides en hiver, nécessitent un chauffage plus intensif que les régions du sud comme la PACA. L'emplacement géographique détermine les contraintes climatiques et météorologiques qui influencent la consommation. Des outils en ligne permettent d'estimer la consommation de chauffage électrique en fonction de ces paramètres.
Il est pertinent de comparer le chauffage électrique à d'autres sources d'énergie :
Fioul Domestique : Le prix du kWh de fioul est généralement inférieur à celui de l'électricité. Au 1er août 2024, le prix du kWh d'électricité était de 0,2276 €, contre 0,1257 € pour le fioul.
Chauffage au Gaz : Bien que le chauffage au gaz soit plus polluant que le chauffage électrique, des appareils performants comme la chaudière gaz à condensation THPE sont plus économiques à l'usage. La consommation d'un chauffage électrique peut néanmoins s'avérer plus avantageuse sur le long terme, selon les coûts d'installation et d'entretien.
Pompes à Chaleur : Les pompes à chaleur sont considérées comme l'une des formes de chauffage électrique les plus performantes. Fonctionnant en partie à l'électricité et en partie aux énergies renouvelables, ces appareils thermodynamiques consomment moins d'énergie qu'ils n'en restituent. Un Coefficient de Performance Énergétique (COP) de 4, par exemple, signifie que chaque kWh d'électricité consommé restitue 4 kWh de chaleur.
Chauffage au Bois : Le chauffage au bois représente une alternative écologique et économique, particulièrement pertinente pour réduire la consommation de chauffage électrique, souvent élevée.
Le montant de la facture annuelle de chauffage constitue une part significative du budget des ménages français. Si une estimation précise est complexe, les dépenses passées donnent une indication. Ces chiffres doivent être analysés en tenant compte des surfaces des habitations utilisant ces différentes énergies. La localisation géographique joue également un rôle important. Par exemple, la Bretagne, malgré son climat, se classe parmi les régions où le coût de l'énergie est le plus faible (1 568 €), principalement en raison de la prédominance du chauffage au bois dans cette zone.

Dans les immeubles dotés d'un système de chauffage collectif, la gestion est assurée par un contrat entre le bailleur social ou le syndic de copropriété et un chauffagiste. La date d'allumage, d'extinction et la température contractuelle (généralement entre 19°C et 21°C) sont décidées par les représentants des copropriétaires. Il est fréquent que ces immeubles soient surchauffés, avec des températures mesurées entre 22°C et 24°C, même lorsque les radiateurs ne fonctionnent pas en permanence.
Pour vérifier la température réelle dans les logements et l'efficacité du système, il est recommandé de procéder à des relevés de température dans environ 10% des logements pendant un mois en hiver. Il est crucial de noter l'utilisation des radiateurs par les occupants, car 22°C dans un logement où les radiateurs sont éteints n'a pas la même signification que 22°C dans un logement où ils fonctionnent à plein régime. La première situation suggère une température ambiante globale bien supérieure à 22°C, tandis que la seconde indique la performance réelle de la chaufferie. L'installation d'une pompe à débit variable et de robinets thermostatiques bridés à 22°C peut contribuer à une meilleure régulation.
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