En cette période hivernale, un sujet mal connu des particuliers et qui peut pourtant potentiellement tous nous toucher est la question du monoxyde de carbone (CO). Malgré la prévention effectuée chaque année par le ministère de la santé, de nombreux cas d'intoxication au monoxyde de carbone sont décelés chaque hiver. C'est d'ailleurs la première cause de mortalité par intoxication en France, selon l'INPES. Elle survient généralement suite à un défaut d'entretien de votre chaudière ou une mauvaise combustion de votre système de chauffage. Avoir connaissance des principaux symptômes, tels que vertiges, nausées et maux de tête, et des réflexes à avoir en cas de suspicion d'intoxication au CO peut permettre d'éviter le pire.
Le monoxyde de carbone est un gaz invisible et inodore qui peut se dégager suite à une mauvaise combustion de vos appareils de chauffage, que vous vous chauffiez au bois, au gaz, au fioul ou au propane. Il est difficile à détecter et, de ce fait, très dangereux. Il se diffuse rapidement dans l'atmosphère et est absorbé par les poumons lors de la respiration. Un appareil de chauffage ou un conduit d'évacuation mal entretenu peut provoquer l'apparition du monoxyde de carbone.

Chaque hiver en France, le dysfonctionnement d'appareils de chauffage, couplé à un manque d'aération, est à l'origine de fuites fatales de monoxyde de carbone. Ce gaz mortel est ainsi responsable d'une centaine de décès et de nombreux enfants sont hospitalisés dans un état grave. Inodore, incolore, invisible, sans saveur et de densité proche de l'air, le monoxyde de carbone est impossible à déceler sans appareil. Il est cependant très dangereux. Les victimes, asphyxiées « de l'intérieur » par manque d'oxygène, peuvent perdre rapidement connaissance. Si l'intoxication se produit pendant votre sommeil, malheureusement, vous pouvez mourir sans vous en apercevoir.
L'intoxication au monoxyde de carbone provient essentiellement d'un mauvais fonctionnement des appareils de chauffage. Ce gaz a la particularité d'être inodore, incolore et non irritant, en faisant un véritable ennemi invisible qui intoxique chaque année entre 3000 et 4000 personnes blessées et qui fait une centaine de morts dans l'Hexagone. En Île-de-France, le nombre d'intoxications a bondi de 30% l'hiver dernier, avec 455 personnes intoxiquées, dont cinq décédées.
Les principales causes d'intoxication dans le logement sont multiples :
Il est impératif de faire entretenir sa chaudière chaque année avant la période de chauffe. Il faut savoir que c'est une obligation légale. Lors de cet entretien, le professionnel contrôle notamment le taux de CO. L'entretien annuel d'une chaudière est obligatoire et ce, pour une bonne raison. Grâce à cette maintenance, le chauffagiste professionnel va mesurer le taux de monoxyde de carbone (CO) émis par votre système de chauffage.

Le taux de monoxyde de carbone émis par votre chaudière est un indicateur crucial de son bon fonctionnement. Les normes établies par les professionnels distinguent plusieurs niveaux de risque :
La source principale des intoxications au CO est la chaudière, représentant 56% des épisodes. La réglementation impose un nettoyage de l'appareil chaque année, notamment le ramonage, par un professionnel, mais on constate de plus en plus souvent un défaut d'entretien, par négligence, manque d'information ou de moyens. Le coût de cet entretien varie généralement entre 80 et 150 euros.
Si la chaudière est la source principale, d'autres appareils peuvent également causer une intoxication. L'utilisation d'appareils de cuisson, de braseros ou de barbecues pour se chauffer est une cause significative d'intoxication. Les braseros et les barbecues sont la deuxième cause d'intoxications (23,4%) en Île-de-France. Les braseros en milieu confiné sont à proscrire, car le monoxyde de carbone va peu à peu prendre la place de l'oxygène dans le sang et asphyxier progressivement les occupants du lieu. La spécialiste alerte également sur l'usage des groupes électrogènes et des équipements de cuisson pour se chauffer.

Les chauffages d'appoint, tels que les poêles à pétrole ou les systèmes à gaz, doivent être utilisés avec précaution. Ils ne devraient pas servir plus de deux heures par jour, alors que certains les utilisent 24h/24. Il est préférable de privilégier les appareils électriques qui, eux, ne présentent pas de risque de production de CO, tout en veillant à ne pas mettre d'affaires dessus et à ne pas surcharger la prise électrique.
De plus, il faut penser à nettoyer les brûleurs de la gazinière, car une combustion non optimale peut être à l'origine de CO. Il faut également vérifier les arrivées de gaz et le raccordement du chauffe-eau vers les sorties d'évacuation.
Plusieurs symptômes peuvent annoncer une intoxication au monoxyde de carbone. La première chose à faire est d'aérer immédiatement l'habitation et d'arrêter si possible votre appareil de chauffage. En présence d'un appareil à combustion, des symptômes de type vertiges, maux de tête, nausées, vomissements, fatigue doivent alerter. Si vous constatez qu'une personne a mal à la tête, a des vertiges ou la nausée à chaque fois qu'elle cuisine, cela n'est pas normal et il faut penser au monoxyde de carbone.

En cas de suspicion d'intoxication :
Suite à une intoxication, votre installation est mise à l'arrêt. Pour pouvoir la remettre en route, vous devez obligatoirement faire passer un professionnel qualifié chez vous. Il recherchera la cause de l'intoxication et vous indiquera les travaux à réaliser. Évitez de "bricoler" ou de court-circuiter les systèmes de sécurité des appareils qui disjonctent sans arrêt.
Plusieurs gestes peuvent éviter l'apparition de monoxyde de carbone dans votre logement. Aérer les pièces 10 minutes par jour (même en hiver) permettra de ventiler votre habitation. On recommande d'ouvrir chaque pièce en grand, au moins deux fois par jour, le matin et le soir durant dix minutes. Pensez aussi à entretenir votre système de ventilation et veiller à ce qu'il ne soit pas obstrué. Attention également à ne pas boucher les réglettes de ventilation sur fenêtres ni les bouches de ventilation, car le monoxyde de carbone risque de s'accumuler.
Faire ramoner votre cheminée est également une mesure préventive importante. Comme pour la chaudière, cette intervention est obligatoire chaque année. Une simple toile d'araignée dans un conduit peut entraîner un risque. Deux ou trois feuilles qui s'accumulent dessus et cela suffit à contrarier l'évacuation des fumées.
Vous pouvez installer un détecteur de monoxyde de carbone. Bien que ces détecteurs ne soient pas obligatoires, ils sont très conseillés. Une alarme retentit lorsqu'il détecte la présence de ce gaz incolore et inodore. Les solutions de télésurveillance permettent de sécuriser votre logement et d'équiper votre habitation d'un détecteur de monoxyde de carbone connecté.
Le monoxyde de carbone inhalé par les poumons passe ensuite dans le sang et se fixe à l'hémoglobine, se substituant à l'oxygène. Le monoxyde de carbone est évacué par voie pulmonaire une fois que la personne intoxiquée n'est plus exposée au gaz.
Faire installer votre chaudière par un professionnel certifié PG (Professionnel du Gaz) permet de vous assurer une mise en place respectant précisément les normes de sécurité. Un système de chauffage correctement installé et entretenu permettra de faciliter la vente de votre logement. Sachez que, depuis 2007, il est obligatoire de réaliser un diagnostic de votre installation de gaz lors de la vente d'un logement. Le certificat de conformité de votre installation de gaz a pour but de vérifier l'état des appareils de chauffage, de production d'eau chaude et des tuyaux qui alimentent le gaz. Le niveau d'aération de la pièce où fonctionnent les appareils et le système d'évacuation sont également évalués.
Pour une bonne combustion et pour éviter la formation de CO, il est essentiel d'assurer un apport d'air suffisant et une bonne évacuation des gaz brûlés. Des sections d'entrée d'air d'une surface libre suffisante sont nécessaires, par exemple, équivalentes à un tube PVC de 150 mm de diamètre pour une arrivée d'air directe de l'extérieur. Il est également recommandé d'assurer une circulation d'air croisée dans la pièce, idéalement avec une entrée d'air frais en partie basse et une évacuation en partie haute.
Il est important de noter que les détecteurs de CO ont une date de péremption et peuvent être affectés par l'humidité. Certains sont quasi à usage unique et doivent être remplacés après une première détection.
Le monoxyde de carbone est un produit de combustion incomplète de matières carbonées comme le charbon, le bois, le gaz naturel, le kérosène ou le mazout. Pour éviter une intoxication au monoxyde de carbone, il faut s'assurer que les conduits d'évacuation des gaz de votre chaudière sont dégagés et qu'il n'y a pas de fuite. Ensuite, il faut faire entretenir votre chaudière par un professionnel qualifié au moins une fois par an.
Tous les systèmes de chauffage utilisant un combustible tel que le gaz, le fioul, le bois ou le charbon émettent du monoxyde carbone. Comme le monoxyde de carbone est un gaz inodore et incolore, il ne vous sera pas possible de vous rendre compte par vous-même si votre logement contient un taux anormal de monoxyde de carbone. Cependant, vous pouvez identifier les potentielles sources de monoxyde de carbone.
En résumé, la prévention du monoxyde de carbone repose sur l'entretien régulier des appareils de chauffage, une bonne ventilation des logements et la vigilance face aux symptômes potentiels. L'installation de détecteurs de CO constitue une mesure de sécurité supplémentaire fortement recommandée.
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