Alors que les températures continuent de grimper, rendant la canicule de plus en plus difficile à supporter, de nombreux foyers se tournent vers la climatisation et les systèmes de ventilation pour assurer un confort thermique et une circulation d'air pur. La Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC), en particulier, est devenue un équipement courant, apprécié pour sa capacité à rafraîchir l'intérieur des maisons tout en utilisant des sources d'énergie renouvelable. Cependant, derrière ces avantages indéniables se cache un danger insidieux : la bactérie Legionella pneumophila, qui peut s'infiltrer dans ces systèmes et provoquer de graves maladies chez les occupants.

La légionellose est une infection pulmonaire grave causée par des bactéries du genre Legionella, principalement Legionella pneumophila. Ces bactéries, bien que présentes naturellement dans les environnements d'eau douce tels que les lacs et les rivières, trouvent dans les systèmes de ventilation et de climatisation des conditions particulièrement propices à leur prolifération. Elles sont tolérantes aux milieux acides et peuvent survivre à une large gamme de températures, allant de -20°C dans les nappes phréatiques à plus de 66°C dans l'eau chauffée. C'est cette adaptabilité qui rend leur éradication particulièrement complexe.
La contamination humaine ne se fait pas par ingestion d'eau contaminée, mais par l'inhalation de fines gouttelettes d'eau contenant des légionelles, diffusées sous forme d'aérosols. Ces aérosols peuvent provenir de diverses installations où la température de l'eau se situe idéalement entre 25°C et 45°C. Parmi ces installations, on retrouve les réseaux d'eau chaude sanitaire domestiques ou publics (douches, bains à remous, spas, jacuzzis), les tours aéroréfrigérantes, les fontaines décoratives, ainsi que les appareils de nébulisation ou humidificateurs. La corrosion et l'entartrage de ces équipements peuvent également favoriser la prolifération des légionelles.
Les systèmes de Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC), conçus pour renouveler l'air intérieur, peuvent devenir, sans entretien adéquat, des vecteurs de contamination. L'air circulant dans les conduits peut transporter des aérosols contenant des légionelles, qui sont ensuite diffusés dans les pièces de vie. Ce risque est particulièrement accru lors des périodes de forte chaleur, où l'utilisation des systèmes de climatisation et de ventilation est plus intensive, et où les températures de l'eau dans les réseaux peuvent stagner dans la plage propice au développement bactérien.
Les cabines d'ascenseur, bien que leur fonction principale soit le transport vertical, sont également concernées par la qualité de l'air intérieur. Elles doivent garantir un apport d'air frais aux utilisateurs, souvent par la ventilation de la gaine d'ascenseur. Si cette ventilation n'est pas correctement conçue ou entretenue, elle peut potentiellement contribuer à la diffusion de légionelles dans la cabine. Les études, comme celle menée par Suisse énergie, ont montré que le débit de ventilation naturelle dans une cage d'ascenseur peut être significatif, soulignant l'importance d'une ventilation adéquate pour évacuer la chaleur et maintenir un environnement sain.
Les symptômes de la légionellose apparaissent généralement entre 2 et 10 jours après l'exposition à la bactérie. Ils se manifestent initialement par une toux importante, une forte fièvre, et parfois des troubles gastro-intestinaux, particulièrement chez les personnes âgées. Ces symptômes peuvent être confondus avec ceux d'une grippe ou d'une pneumonie sévère. Dans les cas plus avancés, des difficultés respiratoires peuvent survenir. La légionellose nécessite un traitement antibiotique et entraîne le plus souvent une hospitalisation. Malheureusement, elle peut être mortelle dans environ 10% des cas.
Si la légionellose peut toucher tout le monde, certains groupes sont plus vulnérables. Il s'agit notamment des personnes âgées de plus de 50 ans, des personnes dont le système immunitaire est fragilisé (patients atteints de cancer, ayant subi une greffe, ou souffrant de maladies chroniques comme le diabète ou une insuffisance respiratoire), ainsi que les fumeurs, qui constituent un facteur de risque important.
En France, et plus spécifiquement en Auvergne-Rhône-Alpes, entre 200 et 400 cas de légionelloses sont déclarés chaque année, ce qui souligne l'importance d'une vigilance constante.

La prévention de la légionellose repose sur une vigilance accrue et l'application de gestes simples concernant l'entretien des installations d'eau et de ventilation.
Pour les systèmes d'eau chaude sanitaire individuels :
Pour les systèmes d'eau chaude collectifs :
Pour les équipements d'eau et dispositifs médicaux :
Pour les systèmes de ventilation :

L'environnement réglementaire concernant les risques liés aux légionelles a évolué. Jusqu'à récemment, les risques étaient principalement anticipés par secteur (piscines, établissements de santé, spas) ou par types d'usages. Pour la plupart des autres Établissements Recevant du Public (ERP), un arrêté du 1er février 2010 imposait des mesures régulières de température de l'eau chaude sanitaire et des analyses de légionelles. Cet arrêté a été modifié par un texte publié au Journal Officiel le 31 décembre 2022, marquant une adaptation aux nouvelles réalités sanitaires et environnementales.
Face à ces risques, il est essentiel de rester informé et de prendre les mesures préventives appropriées pour garantir la santé et la sécurité de tous. En cas de symptômes évocateurs d'une pneumonie après une possible exposition, il est impératif de consulter un médecin sans délai. La légionellose étant une maladie à déclaration obligatoire, une enquête sera systématiquement menée par les autorités sanitaires pour identifier la source de contamination et prévenir d'autres cas.
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